Foot: La Super League, acteur important de l'économie

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FootLa Super League, acteur important de l'économie

La saison 2013/14 de Super League a généré un chiffre d'affaires de 800 millions de francs et une valeur ajoutée brute de 453 millions. De quoi conférer aux clubs de l'élite le statut d'acteurs économiques importants.

Les clubs de foot constituent des acteurs importants de l'économie.

Les clubs de foot constituent des acteurs importants de l'économie.

Même s'il a fallu un peu insister, Claudius Schäfer, directeur de la Swiss Football League, a fini par lâcher le morceau. «L'idée (ndlr: en commandant cette étude) était d'obtenir des faits concrets, chiffrés. Ce rapport donnera au football des arguments au moment de s'asseoir à la table des discussions avec les milieux économiques et politiques.»

Car le véritable nerf de la guerre larvée entre les clubs de la SFL et les pouvoirs publics demeure la répartition des coûts de sécurité, secteur qui plombe régulièrement les budgets des formations de Super League. «Les résultats de l'étude prouvent que le football est un acteur économique important, ajoute Franz Jaeger, économiste et professeur à l'Université de Saint-Gall. Et ils reposent la question des coûts de la sécurité. Le football aura plus de poids lors des négociations.» Et Claudius Schäfer de rappeler que la Suisse est le seul pays d'Europe avec l'Autriche à faire payer à ses clubs une partie de l'engagement des forces de l'ordre les jours de match.

Créatrice d'emplois

Arriver à 453 mio de francs de valeur ajoutée brute (VAB) sur un chiffre d'affaires de 800 mio est une performance au-dessus de la moyenne de l'ensemble de l'économie suisse, précise Franz Jaeger. De tels résultats financiers font militer la Super League dans la même catégorie que les entreprises nationales de taille moyenne. Par ailleurs, le championnat est créateur d'emplois avec un volume total de 3300 équivalents plein temps (EPT) découlant directement ou indirectement de la tenue de la compétition. Dans ce domaine, la Super League évolue dans les mêmes sphères que les grandes entreprises suisses de l'industrie, du commerce ou des services.

«Avec près de 1600 EPT directement liés à l'activité des clubs, la Super League est comparable, par exemple, à la Banque cantonale bâloise», explique Oliver Hoff, le directeur de l'étude conjointement menée par la société spécialisée Rütter Soceco et l'Institut pour l'économie touristique de la Haute Ecole de Lucerne.

Six fois le Mondial de hockey

L'Allemand donne d'autres points de comparaison. La valeur ajoutée brute pour 2013/14 équivaut à la moitié de ce qu'a généré l'organisation de l'Euro 2008 en Suisse, au tiers du chiffre réalisé ensemble par le Comité international olympique (à Lausanne), la FIFA (à Zurich) et l'UEFA (à Nyon), ou encore six fois plus que la VAB obtenue par le Mondial de hockey sur glace en Suisse en 2009.

«Nous voyons ici la force du sport», se réjouit Hippolyt Kempf, de l'Office fédéral du Sport. Une OFSPO qui a récemment publié son rapport triennal faisant état, pour le sport suisse en général, d'un chiffre d'affaires de 20 milliards de francs et de 10,1 mrd de valeur ajoutée brute. Soit un peu moins que l'Autriche (12,8), mais plus que les Pays-Bas (7), la Suède (2,9) ou encore le Portugal (1,8). La part du sport dans le PIB suisse en 2011 s'est élevée à 1,7%, soit deux fois plus que l'agriculture.

Attractivité régionale

L'étude mandatée par la SFL révèle aussi que la Super League a rapporté 42 mio de francs à l'Etat en matière fiscale, TVA comprise. Elle dépouille aussi le comportement des spectateurs, au nombre de 2,2 millions lors de l'exercice en question. «Même si nous ne nous sommes penchés que sur les aspects purement économiques, explique Oliver Hoff, n'oublions pas que les spectateurs sont la composante essentielle sans quoi rien n'est possible. Car sans eux, pas d'ambiance ni d'émotion, donc pas de sponsor, pas de télévision, etc.»

Le public a dépensé 68 mio de francs en se rendant aux matches, en incluant les frais de transport. Le 62% de cette somme est allé dans le secteur de la restauration, tandis que les déplacements liés aux rencontres de championnat ont généré 150'000 nuitées, mais uniquement 60'000 pour l'hôtellerie.

Fait très intéressant, les clubs de Super League ont un pouvoir d'attraction qui dépasse le cadre local. Le public présent aux matches était en effet composé à 23% de spectateurs habitant dans la zone urbaine de l'équipe qu'ils venaient voir jouer à domicile et de 44% de gens vivant ailleurs dans le canton du club. Là aussi, argument précieux à exposer aux éventuels sponsors soucieux de visibilité... (ats)

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