Actualisé 16.10.2012 à 13:19

Tornos

La suppression de postes en grande partie achevée

La suppression de postes en Suisse dans le cadre de la restructuration annoncée par Tornos en septembre a en grande partie déjà eu lieu. Il reste toutefois «quelques adaptations à finaliser» d'ici la fin de l'année.

Ayant déjà achevé la plus grande partie de sa restructuration, Tornos se tourne résolument vers l'Asie. Fort d'un nouveau partenariat avec une entreprise de Taïwan, le fabricant prévôtois de machines-outils vise d'ici 2017 un chiffre d'affaires annuel moyen de 320 millions de francs.

La stratégie définie pour les cinq prochaines années apporte des changements décisifs pour Tornos, a indiqué mardi à Zurich François Frôté, le président du conseil d'administration de l'entreprise établie à Moutier, dans le Jura bernois. Elle doit répondre à la plus grande amplitude et la durée réduite des cycles conjoncturels, à la nouvelle donne économique en Europe, à la vigueur du franc ainsi qu'au transfert de la demande vers l'Asie.

Pour mémoire, l'entreprise a entamé en septembre une douloureuse restructuration, laquelle s'est finalement soldée par le licenciement de 147 collaborateurs. Achevé en grande partie, ce redimensionnement a entraîné la suppression de 80 emplois hors production, sur un total de 200, a précisé M. Frôté.

Si l'essentiel des coupes est intervenu, Tornos devra encore finaliser quelques adaptations d'ici la fin de l'année. M. Frôté a espéré que les personnes licenciées retrouvent rapidement un nouvel emploi à la faveur de la bourse mise en place, laquelle recense plus de 500 postes qualifiés.

Flexibilité accrue

Tornos - qui employait au total l'an passé 875 personnes dont 675 en Suisse - mise pour l'avenir sur une structure d'entreprise encore plus flexible, avec une moyenne de 475 emplois à temps plein tout en renforçant son organisation de ventes, a poursuivi son patron, Michael Hauser. Le modèle précédent présentait une flexibilité insuffisante en matière des coûts.

Alors que 33% des ventes étaient libellées en francs, la part des coûts atteignait elle 69%. Pour faire face à cette évolution liée à la vigueur de la monnaie helvétique et absorber les variations de la demande, Tornos veut externaliser une partie de la production. Un recours accru à des fournisseurs en Europe est aussi prévu.

Tornos, qui collabore déjà avec le groupe japonais Tsugami, s'est ainsi lancé dans une nouvelle coopération avec un partenaire basé à Taïwan. Entamé en janvier, ce projet a permis de développer un prototype d'une machine de milieu de gamme. Les premières livraisons sont prévues en fin d'année, a noté M. Hauser.

Cette orientation vise à rééquilibrer le chiffre d'affaires de Tornos. Alors que l'Asie et le Japon ont représenté l'an passé 37% de la demande mondiale en machines-outils, la part de cette région a atteint 12% des ventes du groupe qui se sont chiffrées à 266,9 millions de francs.

Développer les services

Tornos a vendu plus de trois machines sur quatre (76%) en Europe, la part des Amériques s'établissant elle à 11%. Alors que la seule Chine absorbait 11% de l'ensemble des livraisons de machines-outils de la planète en 2000, la proportion a atteint 45,2% en 2010 et devrait grimper à 47,6% en 2015.

Viendra s'y ajouter à cette date la part de 19,8% du reste de l'Asie (21,2% en 2010). Si la demande devrait continuer de fléchir en Europe, celle-ci ne devant retrouver qu'en 2014 le niveau de 2008, une certaine stabilité est attendue en Allemagne.

A terme, Tornos escompte dégager 26% de son chiffre d'affaires en Asie, l'Europe devant y contribuer à hauteur de 63% et les Amériques pour 11%. Au niveau des produits, les coopérations avec les deux partenaires asiatiques doivent répondre à une demande croissante en Extrême-Orient pour des machines de milieu de gamme.

Augmentation de capital

Tornos mise en outre sur le développement de nouveaux produits, tout en réduisant le nombre de plateformes. En parallèle, le groupe entend aussi renforcer son organisation de vente et accroître son activité dans les services. Avec une base installée de près de 30'000 machines, le potentiel est énorme, a dit M. Hauser.

La stratégie s'accompagnera l'an prochain d'une augmentation de capital de 30 millions de francs. Cette opération doit permettre à Tornos de réduire le prêt de 40 millions que lui ont accordé deux actionnaires industriels, dont Walter Fust, à des conditions «très avantageuses», selon M. Frôté. (ats)

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