Kosovo: La surveillance internationale est terminée

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KosovoLa surveillance internationale est terminée

Le Groupe d'orientation sur le Kosovo (ISG) a annoncé lundi avoir mis fin à sa mission au Kosovo.

Le Kosovo a accédé lundi à la «pleine souveraineté», quatre ans et demi après la proclamation de son indépendance de la Serbie. Le Groupe d'orientation sur le Kosovo (ISG) a annoncé la fin de sa mission de surveillance.

«Nous allons nous rendre au Parlement pour informer les députés du fait que le Groupe d'orientation sur le Kosovo a décidé de mettre fin à la surveillance de l'indépendance» du Kosovo, a annoncé au nom de l'ISG, le diplomate néerlandais Peter Feith.

L'ISG, qui rassemble les pays ayant soutenu l'indépendance du Kosovo, dont la Suisse, les Etats-Unis, plusieurs Etats de l'Union européenne et la Turquie, avait déjà annoncé le 2 juillet à Vienne, que par cette décision, le Kosovo accède à sa «pleine souveraineté».

Souveraineté pas entière

Toutefois, en réalité, sur le terrain, la souveraineté du gouvernement kosovar n'est pas entière, car il ne contrôle pas le nord du territoire, majoritairement peuplé de Serbes. Ces derniers rejettent l'autorité de Pristina.

A Washington, le président américain Barack Obama a salué cette décision la qualifiant d'»étape historique» et en appelant Pristina à oeuvrer à normaliser ses relations avec la Serbie. De son côté, le premier ministre kosovar Hashim Thaçi s'est félicité d'un «succès historique pour l'Etat du Kosovo».

Mais la veille, une nouvelle polémique a éclaté entre Belgrade et Pristina après que le procureur serbe chargé des crimes de guerre a révélé que ses services disposaient d'un témoin ayant participé au trafic présumé d'organes prélevés sur des Serbes durant le conflit du Kosovo, dont est accusée la guérilla kosovare.

Cette affaire fait également l'objet d'une enquête internationale. Un rapport, établi par l'ancien conseiller aux Etats Dick Marty (PLR/TI) pour l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe début 2011, dénonce ce trafic. Les responsables kosovars ont constamment nié ces allégations dont les premières remontent à 2008.

Indépendance proclamée en 2008

Pristina a répondu par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Enver Hoxhaj, qui a dénoncé une «tentative de la Serbie de ternir un grand jour pour le Kosovo». La majorité albanaise kosovare a proclamé l'indépendance de la Serbie en 2008, conséquence ultime du conflit de 1998-199 entre la guérilla indépendantiste kosovare et les forces serbes.

Au printemps 1999, pour mettre fin à la répression des forces serbes contre la guérilla kosovare, l'OTAN avait mené des raids aériens au Kosovo et en Serbie qui se sont traduits par le départ des force serbes du Kosovo.

Puis un médiateur de l'ONU, le Finlandais Martti Ahtisaari, avait fait adopter un processus d'accession à l'indépendance du Kosovo, «sous surveillance internationale», notamment avec une administration sur place de la communauté internationale, processus constamment rejeté par la Serbie.

La KFOR maintenue

Dans un communiqué, l'ISG se félicite de «la mise en oeuvre avec succès du 'plan Ahtisaari'» et annonce la fermeture «d'ici la fin 2012, du Bureau civil international (ICO) dirigé par Peter Feith qui est également le représentant spécial de l'UE. L'ICO jouissait de pouvoirs discrétionnaires pouvant imposer des lois ou sanctionner des responsables gouvernementaux, qu'il n'a toutefois jamais utilisés.

La décision de l'ISG ne change toutefois rien aux missions en cours de l'Office Eulex de police et de justice de l'Union européenne, dont le mandat vient d'être prolongé jusqu'en 2014, et de la Force de l'OTAN au Kosovo (KFOR). Quelque 200 soldats de la Swisscoy sont déployés au Kosovo dans le cadre de la KFOR.

L'indépendance du Kosovo a été reconnue par quelque 90 pays, mais la Serbie s'y oppose fermement. Elle encourage les 120'000 Serbes qui représentent 6% de la population, à braver les autorités de Pristina.

Néanmoins, l'amélioration des relations avec le Kosovo est la principale condition à remplir pour que la Serbie, qui a obtenu le statut de candidat à l'adhésion à l'UE en mars, puisse obtenir une date pour l'ouverture des négociations avec Bruxelles. (afp)

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