Actualisé 02.12.2011 à 19:44

Condamnée par l'ONU

La Syrie persiste dans la répression

L'ONU a condamné vendredi les violations des droits de l'homme en Syrie et décidé de créer un mandat de rapporteur spécial, alors que l'Union européenne a donné un tour de vis à ses sanctions.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a condamné à Genève la poursuite de violations flagrantes, graves et systématiques des droits de l'homme en Syrie. Il a décidé, dans une résolution, de créer un mandat de rapporteur spécial pour suivre la situation en Syrie et mettre en oeuvre les recommandations de la commission d'enquête.

Celle-ci avait rendu lundi un rapport accablant et dénoncé l'existence de crimes contre l'humanité commis par les forces de sécurité syriennes depuis le mois de mars.

Le Conseil, endossant les recommandations de la commission internationale d'enquête, transmet son rapport au secrétaire général de l'ONU et à tous les organes pertinents de l'ONU pour qu'ils prennent «les mesures appropriées».

La résolution a été acceptée par 37 voix, contre quatre (Russie, Chine, Cuba et Equateur) et six abstentions (Angola, Bangladesh, Cameroun, Inde, Philippines, Ouganda). La Suisse a voté en faveur du texte.

La Suisse en appelle à la CPI

La Suisse s'est déclarée en faveur de la saisie de la Cour pénale internationale (CPI). «La Suisse souhaite que le Conseil de sécurité de l'ONU défère la situation en Syrie au procureur de la Cour pénale internationale», a déclaré l'ambassadeur de Suisse à l'ONU Dante Martinelli.

D'autres pays, par contre, tout en condamnant les violences en Syrie, n'ont pas souhaité que la CPI soit mentionnée dans le texte. Les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié les statuts de la Cour, se sont opposés à une mention explicite du renvoi du rapport de la commission d'enquête au Conseil de sécurité de l'ONU.

Nouvelles sanctions

L'Union européenne a formulé de nouvelles sanctions contre la Syrie, en raison de la poursuite de la répression. Les ministres des Finances et de l'Economie sont concernés, ainsi que plusieurs haut-gradés de l'armée «impliqués dans les violences commises à Homs», indique vendredi «le Journal officiel de l'UE».

La nouvelle liste touche également le secteur pétrolier, avec deux sociétés d'Etat chargées de l'exploitation et de l'exportation (General Petroleum Corporation, Syria Trading Oil Company), et l'entreprise commune Al Furat Petroleum Company, qui «apportent un soutien financier au régime».

Dans la foulée de cette annonce, le géant pétrolier néerlandais Royal Dutch Shell a fait savoir qu'il allait interrompre ses opérations en Syrie.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont appelé une nouvelle fois le président syrien Bachar al-Assad à quitter le pouvoir, par la voix du vice-président Joe Biden, en visite en Turquie.

Manifestations et tirs

Les mesures adoptées par l'Union européenne contre le régime de Damas, tout comme les condamnations de l'ONU ne semblent cependant pas avoir réussi à faire cesser les violences qui ont fait cinq nouvelles victimes civiles vendredi. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre Bachar al-Assad dans le centre de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Parallèlement, des marches pro-Assad ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Damas et dans les villes côtières de Jablé et Tartous, pour «dénoncer les mesures prises par la Ligue arabe contre la Syrie et rejeter les tentatives d'ingérence dans ses affaires intérieures», selon l'agence de presse officielle Sana.

A Tall Kalakh, à la frontière syro-libanaise, trois personnes ont été blessées vendredi par des tirs de mitrailleuses lourdes, selon des témoins et des médecins, des dizaines de personnes, l'OSDH, basée à Londres.

Selon l'ONU, plus de 4000 personnes sont mortes dans les violences depuis le mois de mars, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées et que plus de 14'000 personnes sont détenues en relation avec la répression. Au moins 12'400 personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins.

(ats)

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