La tartine au miel va-t-elle disparaître?
Actualisé

La tartine au miel va-t-elle disparaître?

Les abeilles se font rares, dit-on. La faute du temps? Des maladies? Plutôt celle des apiculteurs, dont le nombre diminue.

En Suisse, 95% des abeilles sont des abeilles d'élevage, explique le spécialiste Jean-Daniel Charrière, de la station Agroscope. Elles dépendent donc des apiculteurs, qui ont tendance à vieillir. La plupart sont des amateurs, et «c'est un hobby exigeant», selon M. Charrière.

Stéphanie est tombée dedans à 27 ans. Cinq ans plus tard, la passion reste intacte. «Le moment magique, c'est quand tu extrais le miel. J'adore le faire avec des enfants, qui font leur tartine juste à la sortie de l'extracteur. Quand je les rends à leurs parents, ils collent de partout!» rigole-t-elle. Cette maîtresse d'école va visiter ses deux ruchers une fois par semaine en moyenne, dans la campagne vaudoise.

«Deux, c'est peu pour les apiculteurs chevronnés, mais cela me suffit. Je ne fais pas du miel pour le vendre, mais pour l'offrir», confie Stéphanie. La jeune femme apprécie la «paix royale» près de ses ruches ainsi que les discussions avec les passionnés. Mais il y a aussi des moments durs. «Cet hiver, j'ai perdu mes deux essaims. J'étais triste. J'ai vu de solides gaillards dans la même situation qui avaient les larmes aux yeux.»

Ces deux derniers hivers, la Suisse a perdu entre 20% et 30% de ses abeilles. Stéphanie ne se laisse pas décourager pour autant. «Il y a des tas de sujets d'inquiétude, mais je fais avec. Et, cette année, j'ai quand même récolté 36 kg de miel», conclut-elle avec fierté.

Emmanuelle Robert

Ton opinion