Actualisé 04.02.2009 à 20:51

Sacs-poubelle

La taxe au sac divise les élus vaudois et lausannois

Alors que 226 communes ont déjà introduit la taxe sur les poubelles, Lausanne hésite encore.

de
Frédéric Nejad

Municipal radical des Travaux, Olivier Français a encouragé mardi soir les conseillers communaux à voter rapidement en faveur d'une taxe, histoire d'inciter les habitants à mieux trier leurs déchets. En cause, la problématique du traitement des ordures à incinérer. Une loi fédérale exige depuis vingt-cinq ans que les communes couvrent au moins 75% du coût de gestion de leurs déchets par une taxe incitative. Si des communes, notamment du Chablais (lire encadré), de la Broye et du Nord vaudois ont déjà adopté une taxe sur les sacs-poubelle, à Lausanne, le principe divise au-delà des clivages politiques habituels.

Fermement opposé à cette taxe «antisociale», l'extrême gauche dénonce le vrai pollueur-payeur à ses yeux: les producteurs et distributeurs. Autre crainte: que des individus ne préfèrent alors jeter leurs déchets dans la nature.

Les socialistes sont divisés sur la question: la plupart ne sont pas opposés à une taxe, mais comme elle frapperait de la même façon riches et pauvres, le PS veut favoriser d'autres solutions incitatives. L'UDC a rappelé qu'à Berne et à Zurich, gérées par la gauche, les sacs-poubelle sont déjà taxés.

Tous les partis de droite soutiennent, avec les Verts, l'introduction de cette taxe sur les poubelles. Mais UDC, radicaux et libéraux souhaitent une compensation financière pour les contribuables qui paient déjà le traitement des déchets par leurs impôts. Une majorité d'élus lausannois a finalement invité la Municipalité à plancher sur un projet. Une menace de référendum plane déjà.

Les solutions des Aiglons

La taxe au sac prévaut à Aigle depuis 1995. Mais le système de sacs-poubelle jaunes officiels taxés a souvent été ignoré par certains fraudeurs, qui ont continué d’utiliser des sacs noirs, échappant ainsi à la taxe. «Nous tirons désormais un bilan positif», note le syndic, Frédéric Borloz. Pour qui la solution passe par une mixité dans la taxe: une au sac (au poids ou au volume) et une fixe, annuelle. Pour ne pas prétériter les familles avec bébés, et ayant donc des langes à jeter, un bon de 50 fr. leur est offert.

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