Voile: La technologie kiwi a fait gagner les USA

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VoileLa technologie kiwi a fait gagner les USA

Le vainqueur de la Coupe de l'America a trouvé un moyen d'améliorer sa vitesse face au vent. Le fruit d'un développement technologique de pointe.

par
Oliver Dufour
Oracle a amélioré ses performances au près grâce à un meilleur équilibre sur foils et renversé complètement la vapeur face aux Kiwis

Oracle a amélioré ses performances au près grâce à un meilleur équilibre sur foils et renversé complètement la vapeur face aux Kiwis

La régate décisive qui a vu la victoire d'Oracle Team USA sur Emirates Team New Zealand était peine achevée, mercredi, que les spéculations les plus folles ont commencé à circuler sur le Web. Pour un certain nombre de fans néo-zélandais écœurés, le «defender» américain a triché en recevant des information de la terre ferme ou en ajoutant à son multicoque de la technologie de stabilisation interdite. De quoi expliquer leur incroyable renversement de situation?

Oracle a remporté les 8 dernières manches de la 34e Coupe de l'America, alors qu'il suffisait aux «Kiwis» d'en gagner une seule pour ravir le trophée. Une performance inédite qui a suscité des interrogations quant à sa légitimité. Pénalisés de deux points pour une affaire de tricherie remontant à une compétition antérieure, les Américains ont passé aux yeux de certains pour des coupables récidivistes idéaux. Mais aucune accusation n'a pour l'heure pu être prouvée.

Un dispositif d'équilibrage automatique

En revanche, des experts se sont penchés sur la nette amélioration de la vitesse du désormais double détenteur de la «Cup» sur les bords de près (en remontant face au vent). Une allure qui s'était révélée véritable talon d'Achille pour l'équipage des USA, durant la première moitié des régates. Mais dès le début du retour miraculeux dans la compétition du catamaran skippé par Jimmy Spithill, il est apparu que celui-ci n'avait le plus souvent aucune peine à se maintenir en équilibre sur ses «foils», ces ailes solides mobiles fixées sous chaque coque et permettant au bateau de planer au-dessus de l'eau. Et ce par n'importe quel force de vent.

«Nous n'avions aucune arme secrète, le système d'ajustement des foils était déjà en place avant le début de la Coupe. Et oui, il est très efficace», s'est défendu Tim Smyth. Le patron de Core Builders Composites, constructeur du voilier américain, répondait à des questions de 3 News, une plateforme média néo-zélandaise. Le gadget automatique en question doit aider, sur pression d'un bouton, à stabiliser l'embarcation. Il a été déclaré légal par le jury avant le début de la compétition. Alors qu'à bord de Team New Zealand, ce système, moins efficace, est opéré de façon manuelle, usant plus d'énergie.

«Leur bateau est stable comme de la roche dans ces conditions au près, a admiré Ray Davies, tacticien à bord du catamaran kiwi. Nous, ça nous coute beaucoup d'efforts. Nous essayons d'y arriver depuis très, très longtemps. Eux l'ont maîtrisé en quelques jours», a regretté le stratège néo-zélandais.

Bateaux examinés à la loupe

Oracle a apporté des ajustements à son bateau avant chaque course, tantôt durant la nuit, tantôt sur l'eau entre deux manches, dans le but d'améliorer toujours plus ses performances. Dean Barker, skipper du Team New Zealand, a quant à lui choisi d'écarter tous soupçons de tricherie de ses adversaires. «Les deux bateaux ont été rigoureusement contrôlés chaque jour (ndlr: pesés et examinés le matin avant la course, puis à nouveau juste après – des bateaux suiveurs du jury scrutent aussi rigoureusement ce qui se passe sur l'eau), pour s'assurer qu'ils étaient conformes», a justifié le barreur au site d'information en ligne Stuff.co.nz. «Nous n'avons aucune raison de croire que les progrès d'Oracle sont issus d'autre chose que le développement des systèmes qu'ils possédaient.»

Team New Zealand avait officiellement protesté, la veille de la manche décisive, à propos d'une interprétation du règlement sur l'énergie hydraulique stockée à bord des catamarans. Une réclamation rejetée par le jury de course.

Amère ironie pour les Kiwis, le système de stabilisation a été conçu en Nouvelle-Zélande par toute une équipe d'ingénieurs locaux employés par Larry Ellison, boss d'Oracle.

Kiwis entre déception et scepticisme

La régate décisive qui a vu la victoire d’Oracle Team USA sur Emirates Team New Zealand était peine achevée, mercredi, que les spéculations les plus folles ont commencé à circuler sur le web. Pour un certain nombre de fans néo-zélandais écœurés, le «defender» américain a triché en recevant des informations de la terre ferme ou en ajoutant à son multicoque de la technologie de stabilisation interdite. Rien n’a pour l’heure été prouvé.

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