Villeneuve (VD): «La télévision a été mon professeur de français»
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Villeneuve (VD)«La télévision a été mon professeur de français»

Noman Hosni, l'ex-animateur de "Garage Live" sur TSR 2, présente un one-man-show, «Noman s/Scène». Sa tournée débute ce soir et demain au Théâtre de l'Odéon de Villeneuve.

par
Myriam Genier

-Dans votre spectacle, on croise Blanche-Neige et des terroristes gays. Tout un programme !

J'évoque la télé de mon enfance, donc je parle de Blanche-Neige, du Roi Lion, des Schtroumpfs, mais aussi de Qui veut gagner des millions, de la pub et de son influence sur les gens. J'ai déjà joué deux fois le spectacle (essentiellement pour mes proches) et j'ai modifié pas mal de choses depuis. Je me suis beaucoup inspiré des filles de mes amis, fans d'Harry Potter. Avant, Daniel Radcliffe s'appelait Harry Potter, et depuis qu'il s'est foutu à poil, tout le monde connaît son nom et le trouve beau, alors qu'il n'est pas très séduisant. C'est marrant de voir comment les médias peuvent influencer les jeunes.

-Les médias ont donc un rôle important dans ce spectacle ?

Dans mon show et dans ma vie. J'avais coutume de dire que la télévision, c'était ma deuxième maman. Quand je suis arrivé en France, ma mère ne parlait pas français, donc la télé qui a été mon professeur. Ensuite, j'ai appris le valaisan avec ma manageuse, une langue qu'on ne peut parler que lorsque l'on est bourré (rires) ! J'évoque aussi la religion dans mon one-man show, mais c'est un sujet délicat. J'ai choisi de parler des bouddhistes, je prends peu de risques, car ils sont non-violents (rires).

-Vous observez beaucoup les gens?

C'est mon inspiration principale, avec mes rêves. Il se passe des choses dans les rêves qui n'arrivent pas dans la vraie vie, cela permet de créer des situations complètement exubérantes.

-Que diriez-vous pour inciter les gens à venir à votre spectacle?

Je vous tue si vous ne venez pas, j'aurai la liste de tous ceux qui ne sont pas venus ! C'est un homme tunisien et irakien avec une barbe qui vous le dit (rires) !

-Hormis la tournée, avez-vous d'autres projets ?

Je rêve de traduire mes sketchs en anglais. Je vais voir des cafés-théâtres en novembre à Londres. En Angleterre et aux USA, il y a vraiment une culture du stand-up. Je suis aussi en train d'écrire plusieurs sketchs sur la comédie et les acteurs. Les comédiens ont des gestes, des manières de parler bien spécifiques. En regardant les gens, pas seulement les acteurs, on s'aperçoit qu'ils ont des « tics » dont ils ne se rendent pas compte. J'observe tout le temps mon entourage, ils pètent les plombs et ne me supportent plus (rires) ! C'est devenu un défaut professionnel.

-Avez-vous des projets à la télé ?

Je me concentre sur le one-man show pour l'instant. J'ai créé avec deux amis une société de production, Swissmad prod, et ils vont continuer à entretenir nos contacts. Je vais produire un court-métrage en novembre. Le métier de réalisateur est quelque chose que j'aime beaucoup. Le rêve, c'est de passer au long-métrage. J'aime tellement le cinéma que je m'intéresse à tous ses aspects, je suis en train de suivre une formation sur les techniques de 3D. J'ai la chance de pouvoir faire ce que j'aime.

-Votre société de production avait réalisé les « Staracademix » pour « Star Academy » l'année dernière. Ce sera encore le cas cette année?

Normalement, oui. Au début, on pensait gagner notre vie avec des films de mariages (rires). Il ne faut pas croire que TF1 soit inaccessible. L'un de mes associés est allé les voir et on lui a dit d'accord. Pareil à la TSR. Je ne connaissais personne, j'ai donné un dossier et c'était bon. Sur TF1, mes associés ont carte blanche.

-Avez-vous envie de conquérir la France ?

Je jouerai prochainement à Paris si tout va bien. Mais mon but principal est de divertir les gens. C'est comme ça que je prends mon pieds. Là, mon rêve devient réalité, puisque je vais pouvoir le faire. Mais je n'ai pas d'envie de conquête. Je trépigne d'impatience d'être sur scène, d'amuser les gens, je peux me lâcher davantage qu'à la télé. Mais il y a toujours un peu de peur, même si elle me booste. J'ai besoin d'être rassuré, chose que je ne ressentais pas avant. Les gens qui me croisent dans la rue peuvent me serrer dans leurs bras, me faire des bisous s'ils le veulent (rires) !

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