Actualisé 28.10.2013 à 20:11

Espionnage en EspagneLa tempête diplomatique se poursuit

L'Espagne a réclamé lundi aux Etats-Unis des explications sur des écoutes téléphoniques présumées.

La tempête provoquée par les activités de la NSA ne faiblit pas, même si Washington nie que Barack Obama ait été au courant d'une surveillance téléphonique d'Angela Merkel.

Selon le quotidien espagnol «El Mundo», l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a espionné en un mois, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, quelque 60,5 millions d'appels téléphoniques en Espagne. Vendredi, le journal «El Pais» affirmait que la NSA avait espionné des membres du gouvernement espagnol, dont l'ancien Premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.

«Ces pratiques, si elles sont avérées, sont inappropriées et inacceptables entre pays alliés et amis», a affirmé le ministère espagnol des Affaires étrangères, où a été convoqué lundi matin l'ambassadeur des Etats-Unis à Madrid, James Costos.

Pendant cet entretien, le secrétaire d'Etat espagnol pour l'Union européenne, Iñigo Mendez de Vigo, a «sommé les autorités des Etats-Unis de fournir toutes les informations nécessaires sur les supposées écoutes réalisées en Espagne».

Confiance ébranlée

Pendant ce temps, une délégation du Parlement européen est arrivée pour trois jours aux Etats-Unis, pour des discussions portant sur «l'impact des programmes de surveillance sur les droits fondamentaux des citoyens de l'UE, en particulier le droit à la vie privée».

«Notre confiance est ébranlée», a déclaré l'Allemand Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, à l'issue d'une rencontre avec des élus américains. «Il n'est pas acceptable, par exemple, que la chancelière Merkel et d'autres aient été espionnés pendant plus de 10 ans», a-t-il poursuivi.

Polémique en Allemagne

Lundi, la tempête provoquée par les écoutes de la NSA en Europe continuait d'alimenter la polémique dans les pays concernés, plus particulièrement en Allemagne. Les révélations sur un espionnage d'un téléphone portable de la chancelière ont provoqué un choc.

Le magazine «Der Spiegel» a fait de nouvelles révélations ce week-end, écrivant que Mme Merkel était en fait écoutée depuis 2002, soit avant même qu'elle ne devienne chancelière (2005) et lorsque George Bush était à la Maison Blanche. «Der Spiegel» a par ailleurs assuré que le président Barack Obama était au courant depuis 2010 de ce programme d'écoute.

Dans un communiqué dimanche soir, la NSA a démenti ces dernières accusations. «Le général (Keith) Alexander (qui dirige la NSA) n'a pas discuté avec le président Obama en 2010 d'une opération de renseignement supposée impliquant la chancelière Merkel et n'a jamais discuté d'une quelconque opération l'impliquant», a déclaré une porte-parole de l'agence de renseignement, Vanee Vine.

Lundi, le «Wall Street Journal» affirmait lui que les Etats-Unis avaient mis fin aux écoutes de la chancelière et d'autres dirigeants mondiaux après que Barack Obama eut appris l'existence d'un tel programme d'espionnage.

Classe politique bloquée

La classe politique, pour scandalisée qu'elle semble, peinait toutefois à tirer des conséquences claires de cette crise. Certains évoquent, chez les sociaux-démocrates comme chez les conservateurs allemands, une suspension des discussions sur un accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, mais Mme Merkel s'est clairement désolidarisée d'une telle démarche avant le week-end.

Pour le moment, l'Allemagne souhaite envoyer cette semaine aux Etats-Unis une délégation de hauts représentants de ses services de renseignement afin d'«avancer dans les discussions avec la Maison Blanche et la NSA sur les allégations récemment évoquées», selon le porte-parole adjoint de la chancelière, Georg Streiter.

Les députés allemands auront par ailleurs le 18 novembre une séance extraordinaire consacrée à l'espionnage américain, a annoncé lundi un porte-parole du groupe parlementaire CDU de Mme Merkel. Plusieurs responsables politiques réclament l'audition du témoignage de l'ex-consultant de la NSA Edward Snowden. (afp)

L'Espagne somme Washington de lui fournir des informations

L'Espagne a sommé lundi les Etats-Unis de lui fournir les informations «nécessaires sur les supposées écoutes» réalisées sur son territoire. «Ces pratiques, si elles sont avérées, sont inappropriées et inacceptables» entre alliés et amis, a indiqué le ministère des Affaires étrangères. Le message a été adressé à l'ambassadeur américain, James Costos, convoqué lundi au ministère à Madrid, alors que, selon le journal «El Mundo», les Etats-Unis ont espionné plus de 60 millions de communications en Espagne entre décembre 2012 et janvier 2013. Lors de l'entretien entre l'ambassadeur et le secrétaire d'Etat espagnol pour l'Union européenne, Iñigo Mendez de Vigo, ce dernier a «sommé les autorités des Etats-Unis de fournir toutes les informations nécessaires sur les supposées écoutes réalisées en Espagne», a indiqué le ministère espagnol.

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