Actualisé 19.11.2012 à 05:57

+4°C en 2060

La Terre se réchauffe plus vite que prévu

La Banque mondiale met en garde contre le scénario noir d'un réchauffement du thermomètre mondial de 4°C dès 2060 et la «cascade de cataclysmes» qui frapperaient alors les pays pauvres.

La Banque mondiale (BM) redoute une hausse de la température terrestre de 4 degrés Celsius dès 2060, soit bien au-delà du garde-fou posé par la communauté internationale. «Un monde à 4 degrés (...) déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes», résume la BM. L'institution ajoute qu'il n'y a «aucune certitude» que la terre puisse s'adapter à une telle situation.

Ce scénario, le plus sombre envisagé dans le rapport, tranche avec l'engagement pris par la communauté internationale de contenir le réchauffement global à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré- industrielle.

Responsabilité de l'homme

Le niveau actuel d'émissions de C02 «devrait porter le réchauffement climatique bien-au delà de ce seuil», assure la Banque mondiale. Elle prédit une hausse de 4 degrés «au cours du siècle» et «dès 2060» en cas d'inertie politique.

«Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu'il est difficile de le décrire», commente le président de la BM, Jim Yong Kim. Il souligne que la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique est «sans équivoque».

Listant les dangers qui menaceraient alors la planète (inondations, sécheresses, malnutrition...), l'institution prévoit une aggravation des «pénuries d'eau» en Afrique de l'Est, au Moyen- Orient, ou en Asie du Sud et un «rebond significatif» de la mortalité infantile en Afrique sub-saharienne.

Planète encore «plus inégalitaire»

«L'intensification prévue des événements climatiques extrêmes pourrait inverser les efforts pour réduire la pauvreté, particulièrement dans les pays en développement», résume le rapport. Il assure que la planète serait encore «plus inégalitaire» qu'à l'heure actuelle.

Aucune région ne sera épargnée, prévient le document. Les récentes sécheresses ayant frappé les Etats-Unis ou l'Europe de l'Est pourraient se reproduire et l'Occident serait aussi confronté à l'afflux de populations fuyant les bouleversements climatiques.

«Il faut faire baisser la température et seule une action internationale concertée et rapide peut y contribuer», clame la Banque mondiale. Elle appelle à une utilisation plus «intelligente» de l'énergie et des ressources naturelles.

(ats)

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