Actualisé 04.02.2019 à 06:07

Allemagne

La toile «autodétruite» de Banksy exposée au public

Des lambeaux dans un musée: «Love is in the bin», la toile du street artist britannique Banksy, en partie autodétruite l'an passé lors d'enchères mémorables, sera exposée pour la première fois au public à partir de mardi à Baden-Baden.

L'oeuvre «Girl with balloon» est devenue «Love is in the bin» après son autodestruction.

L'oeuvre «Girl with balloon» est devenue «Love is in the bin» après son autodestruction.

AFP

Les images de «l'autolacération» de la toile représentant une enfant lâchant un ballon rouge en forme de coeur, lors de sa vente aux enchères en octobre à Londres, avaient fait le tour du monde, suscitant un choc dans le monde de l'art.

Pour la première fois, l'oeuvre sera accessible au public, gratuitement, jusqu'au 3 mars au musée Frieder Burda qui abrite une prestigieuse collection d'art moderne et contemporain, à Baden-Baden, près de la frontière avec la France.

«Nous attendons un grand intérêt, en particulier des jeunes et des fans de Banksy», a indiqué son directeur, Henning Schaper, dans un communiqué. Pour lui, l'exposition de «Love is in the bin» («L'amour est dans la poubelle») doit participer à «une démocratisation conséquente de l'art».

Mise au enchères chez Sotheby's à Londres, l'oeuvre, une peinture acrylique et aérosol montrant une enfant lâchant un ballon rouge en forme de coeur et intitulée «Girl with balloon» («Fille avec ballon»), avait été acquise pour 1,042 million de livres (environ 1,2 million d'euros) par une collectionneuse européenne anonyme.

Dès l'enchère bouclée, à la stupeur générale, le dessin était descendu dans la partie inférieure du cadre, happé par une déchiqueteuse dissimulée par Banksy lui-même, réduisant la moitié de l'oeuvre en fines lamelles, qui pendent depuis sous le cadre. «En quelques secondes, l'oeuvre est devenue l'une des plus célèbres au monde, et cela dans un monde déjà submergé par les images», relève le musée Burda.

«Marchandisation ?»

Banksy, dont l'identité demeure inconnue, a revendiqué ce coup d'éclat comme un pied de nez au monde de l'art dont il entend dénoncer la «marchandisation». L'artiste a ensuite renommé sa toile «Love is in the bin». Choquée dans un premier temps, la propriétaire a finalement décidé de la conserver.

Contactée par le musée Burda, elle a accepté de la prêter, séduite par le projet du musée qui prévoit d'accompagner la présentation de la toile d'un symposium autour de Banksy.

«Nous nous réjouissons d'avoir réussi (...) à (la) convaincre du fait que notre musée était tout à fait adéquat pour présenter pour la première fois en Europe l'oeuvre au public», s'est félicité Henning Schaper, sur la radio régionale allemande SWR2.

Pour l'influent hebdomadaire allemand Die Zeit, l'exposition d'une toile du pape du street art dans un prestigieux musée comme celui de Baden-Baden ne va pas forcément de soi. «Jamais (...) la star du street art (...) n'a voulu être exposée dans un musée établi», écrit Die Zeit, ajoutant que «Banksy, l'esprit indépendant, se trouve là où il ne voulait pas durablement aller: au musée de la haute culture».

Faut-il s'attendre à un nouveau tour de Banksy, le facétieux, durant ce mois d'exposition? «On ne peut jamais savoir !», indique à l'AFP une porte-parole du musée. «Mais concrètement, on n'attend rien, c'est clair, je ne peux pas vous promettre qu'il y aura une nouvelle surprise!», ajoute-t-elle. (afp)

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