Une jeune Russe coincée entre Genève et Moscou: «La Traductrice»
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Une jeune Russe coincée entre Genève et Moscou«La Traductrice»

RENCONTRE – La jeune réalisatrice Elena Hazanov dévoile son deuxième film.

La réalisatrice est stressée quelques jours avant la sortie de son deuxième et dernier film, «La traductrice». «Si je le rate, il me sera beaucoup plus difficile d'en faire un troisième», explique-t-elle. Son premier long métrage, «Love Express» (2004), a été un fiasco. «Il y avait des erreurs de scénario: trop de personnages, trop d'histoires. Mais il faut aller de l'avant et s'améliorer. On apprend toujours de ses erreurs explique la jeune femme. Pour tenter de se refaire, la réalisatrice a choisi un projet qui lui tient à cœur. «Cela fait sept ans que j'ai eu l'idée de mon dernier film, qui s'inspire d'une expérience personnelle.»

Elena Hazanov est née en 1977 dans la capitale de l'ex-Union soviétique. A 12 ans, elle débarque à Genève avec sa mère, qui obtient l'asile politique. Elle y continue ses études. Un jour, un avocat lui propose de traduire les propos d'un parrain (célèbre depuis) présumé de la mafia russe arrêté peu auparavant, Sergueï Mikhaïlov. Ce dernier a lu le scénario avant le tournage. «C'était important pour moi d'avoir le feu vert. Il a été flatté. J'étais libre de le lui montrer. Je ne voulais pas risquer ma vie pour le film», explique-t-elle.

Elena Hazanov profite de son film pour évoquer sa double identité. Le film balance entre Genève et Moscou. «L'une est opposée à l'autre.» La Cité de Calvin, filmée dans les gris, bleus, verts, dévoile ainsi des lieux méconnus qui se prêtent parfaitement au suspense. Moscou étincelle de mille feux. La réalisatrice ajoute que la Russie est à l'honneur avec la présence d'acteurs russes reconnus. Il y a notamment Alexander Adabachian, le scénariste des premiers films de Nikita Mikhalkov, le père encore vivant du cinéma soviétique et russe.

Dominique Botti

LE FILM

Elena Hazanov révèle les côtés interlopes de la Cité de Calvin. Sous le jet d’eau et derrière la façade des banques se cachent les antennes de la mafia russe, les avocats cupides, les dessous- de-table, les rues sans issue, l’architecture menaçante. Au centre du polar: la jeune Ira, une Russe de 23 ans expatriée à Genève. Par hasard, un avocat proche de sa mère lui propose un boulot pas ordinaire: traduire les propos de son client, Ivan Tashkov. Ce ponte présumé issu d’une organisation criminelle vient d’être arrêté. Il est en prison en attente de son procès. Au fil des rencontres dans le parloir de la prison, Ira s’immerge dans la recherche de ses origines. Un voyage qui la conduit des quais du Mont-Blanc à Moscou, en passant par les bancs du tribunal. Une occasion pour elle de découvrir ses vraies origines.

Dominique Botti

De Elena Hazanov, avec Julia Batinova,

Bruno Todeschini.

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