Actualisé 31.03.2017 à 06:14

Jura

La Transjurane sera ouverte au trafic lundi

Le dernier tronçon sur le sol bernois sera inauguré lundi. Il aura fallu en tout près de 30 ans de travaux.

Plusieurs tronçons de la Transjurane, comme à Bassecourt, sont déjà opérationnels.

Plusieurs tronçons de la Transjurane, comme à Bassecourt, sont déjà opérationnels.

Keystone

Trente ans après le premier coup de pioche, la Transjurane (A16) sera complètement achevée lundi avec l'inauguration du dernier tronçon entre Loveresse (BE) et Court (BE). Les automobilistes mettront désormais 55 minutes pour parcourir les 85 kilomètres de Boncourt (JU), à la frontière franco-suisse, à Bienne.

Une page historique se tourne après des décennies d'attente. C'est le plus grand chantier routier de l'histoire du canton du Jura et du Jura bernois qui arrive à son terme avec l'inauguration du dernier tronçon sur le sol bernois. Dans le Jura, la Transjurane est achevée depuis le 5 décembre.

Cette autoroute aura coûté plus de 6,5 milliards de francs. Si son prix est aussi élevé, c'est parce qu'elle a dû se faufiler dans une géographie tourmentée qui a exigé la construction de nombreux ouvrages comme des tunnels, des galeries et des viaducs. Certains percements ont aussi été confrontés à une géologie instable.

Les ingénieurs ont réussi à intégrer ce ruban autoroutier dans le paysage. Plutôt que de suivre un tracé rectiligne, l'A16 épouse les courbes topographiques d'un terrain accidenté. Pour les autorités jurassiennes, l'A16 est devenue un élément du paysage sans le défigurer.

Combat jurassien

La réalisation de l'A16 est liée à l'histoire du Jura, un canton qui a dû se battre pour ne pas rester à l'écart des grands axes de communication. Les autorités ont fait preuve d'opiniâtreté, ne cessant jamais de répéter la nécessité de désenclaver leur région.

Si le chantier a duré 30 ans, le projet est lui bien plus ancien. Les premières études pour la réalisation du tronçon remontent à 1964. Mais il aura fallu finalement attendre les années 1980 et l'entrée en souveraineté du canton Jura en 1979 pour que le projet se concrétise.

Votation populaire

Le principe de la construction d'une route nationale de Boncourt à la Roche Saint-Jean, à la frontière bernoise, sera accepté le 7 mars 1982 par 71% des Jurassiens en votation populaire. En 1984, le Gouvernement jurassien a convaincu le Conseil fédéral d'insérer la Transjurane dans le réseau des routes nationales.

L'option d'un tracé de Boncourt vers Oensingen (SO) pour rejoindre l'A1 Berne-Zurich est abandonnée au profit d'un axe sinueux reliant les vallées de Boncourt à Bienne par Porrentruy, Delémont, Moutier (BE) et Tavannes (BE). Le premier coup de pioche sera donné à Saint-Ursanne le 23 septembre 1987. Dans le Jura bernois, il aura lieu deux ans plus tard.

Durant les travaux, l'A16 a été une autoroute saucissonnée, avec des portions ouvertes au trafic et d'autres en chantier voire en projet. Le fait que l'autoroute soit portée par deux cantons en «conflit» sur la Question jurassienne n'a peut-être pas contribué à accélérer les choses.

Elle a été mise en service progressivement depuis 1998. Dans le Jura bernois, la Transjurane est principalement constituée de deux voies au lieu de quatre, la Confédération n'envisageant pas une route de grand transit national.

Accessibilité du Jura

L'A16 offre à toute la région un accès direct au Plateau suisse et à la France et le réseau européen avec l'A36. Sur l'axe nord-sud, les choses s'amélioreront encore avec l'ouverture le 27 octobre de la branche est du contournement de Bienne qui permettra depuis l'A16 de rejoindre directement l'autoroute en direction de Berne.

L'achèvement de la Transjurane doit aussi permettre au canton du Jura d'être perçu différemment à l'extérieur, en particulier dans l'Arc lémanique. L'A16 réduit la distance physique et permet de percevoir un canton du Jura plus proche et plus accessible.

Maintenant que l'A16 est achevée sur sa totalité, les poids-lourds seront encore plus nombreux à emprunter cet axe. Depuis quelques années, les chauffeurs choisissent déjà la plate-forme douanière de Boncourt pour entrer sur territoire suisse pour éviter celle de Bâle qui est souvent surchargée.

Vestiges paléontologiques

Le chantier de la Transjurane aura aussi permis la découverte en Ajoie de vestiges paléontologiques exceptionnels. Ce sont plus de 14'000 empreintes de dinosaures et plus de 600 pistes, dont celles très précieuses appartenant à des bébés dinosaures, qui ont été mises au jour. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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