Syrie: La trêve vole en éclats après quelques heures

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SyrieLa trêve vole en éclats après quelques heures

Un attentat meurtrier a été perpétré à Damas et l'armée a annoncé qu'elle avait engagé des ripostes à des attaques rebelles. Tout cela quelques heures après la mise en place d'une trêve.

A l'appel de l'émissaire international Lakhdar Brahimi, rebelles et armée s'étaient engagés jeudi à faire taire leurs armes durant les quatre jours de la fête musulmane du sacrifice, tout en se réservant le droit de riposter.

Dans un communiqué lu à la télévision officielle, l'armée a annoncé dans l'après-midi avoir fait usage de ce droit après des attaques rebelles à Deir Ezzor (est), Deraa (sud), Idleb (nord-est) et dans la province de Damas.

Attentat à Damas

«Des groupes terroristes armés ont attaqué des positions militaires, violant ainsi clairement l'arrêt des opérations militaires auquel a souscrit le commandement de l'armée. Nos valeureuses forces armées sont en train de répondre à ces violations», a affirmé le texte.

Dans la terminologie officielle des autorités syriennes, les «terroristes» signifient les rebelles. Dans le même temps, la télévision syrienne et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont annoncé qu'un attentat à la voiture piégée avait fait cinq tués et une trentaine de blessés devant une mosquée dans le quartier de Daf Chawk, au sud de la ville de Damas.

Dans le sud du pays, trois soldats ont été tués et huit autres blessés dans l'explosion d'une voiture piégée à un barrage dans la ville de Deraa, selon l'OSDH. Le Front al-Nosra, un groupe jihadiste rebelle qui a revendiqué la plupart des attentats ces derniers mois, avait catégoriquement rejeté toute idée de trêve.

Nouvel assaut sur la base de Wadi Deif

Vendredi matin, malgré des combats et des bombardements en plusieurs points du pays, les violences avaient semblé marquer le pas, avec une baisse du nombre de tués.

Les combats ont eu lieu principalement autour de la base militaire de Wadi Deif, près de Maaret al-Noomane au nord-ouest du pays, où dix soldats et quatre rebelles sont décédés dans un assaut des combattants du Front al-Nosra, selon la même source.

L'armée a riposté en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui et des accrochages ont eu lieu dans la province de Damas, à Homs (centre) et brièvement à Alep (nord), selon l'OSDH.

En avril, une trêve négociée par Kofi Annan, le prédécesseur de M. Brahimi, avait déjà permis une baisse d'intensité dans les combats avant de voler en éclats au bout de quelques heures.

Attaque rebelle à Alep

Vendredi matin, la télévision d'Etat a montré le président Bachar al-Assad priant dans une mosquée du quartier chic de Mouhajirine à Damas, affichant un sourire et une déconctraction contrastant avec le conflit meurtrier qui aurait fait dans son pays, selon l'OSDH, plus de 35'000 tués depuis mars 2011.

Comme chaque vendredi, des militants hostiles au régime ont manifesté à Damas et dans plusieurs autres villes, selon l'OSDH et des militants. Selon l'OSDH, les forces de sécurité sont intervenues à Raqa (nord-est), tirant des grenades lacrymogènes sur les manifestants, et dans la province de Deraa, où trois personnes ont elles été blessées par balles.

A Alep, selon des habitants et une source militaire, des rebelles ont tenté de prendre une position militaire dans le quartier Syrian, mais ont été repoussés. Ils ont tiré deux obus, l'un a touché un immeuble et le second est tombé près de l'Hôpital français, tenu par l'armée.

Les agences humanitaires de l'ONU se tiennent toutefois prêtes à profiter de la moindre accalmie dans les combats pour tenter de donner une aide aux civils, a dit un responsable des Nations unies à Genève. (ats)

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