Actualisé 18.05.2014 à 11:17

RéférendumLa Troïka veut privatiser l'eau des Grecs

Les habitants de Thessalonique, 2e ville de Grèce, sont appelés à exprimer dimanche leur refus de la privatisation des services de gestion de l'eau, imposée par la troïka.

von
lgü
Une homme vu à travers les urnes municipales de Thessalonique.

Une homme vu à travers les urnes municipales de Thessalonique.

Les onze maires de l'arrondissement de Thessalonique qui soutiennent l'initiative de l'association «SOSte to Nero»(Sauvez l'eau) ont dû revoir l'organisation de la consultation après la menace de sanctions, samedi, du ministère de l'Intérieur en cas d'utilisation des listes électorales et des bureaux de vote municipaux.

Les urnes du référendum devaient initialement être installées aux côtés des urnes pour les élections locales dont le premier tour se déroule dimanche dans toute la Grèce. Elles ont finalement été installées à l'extérieur des bureaux et la consultation s'est ouverte sans incident, selon un correspondant de l'AFP.

«Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement a peur du vote des citoyens», a critiqué Yanna Tzakou, membre de SOSte to nero, interrogée par l'AFP. La compagnie des eaux de Salonique EYATH figure, comme celle d'Athènes, sur la longue liste des privatisations auxquelles s'est engagée la Grèce vis à vis de ses créanciers internationaux en échange de deux programmes de prêts accordés en 2010 et 2012 afin de lui éviter la faillite.

«L'eau est un droit humain»

Les groupes français Suez Environnement et israélien Mekorot sont parmi les sociétés pressenties pour la rachat de 74% des parts de la compagnie. Sous le nom «l'eau est un droit humain», près de deux millions de citoyens de toute l'Europe ont formé récemment la première Initiative citoyenne européenne (ICE) de l'Union demandant à la Commission européenne de s'engager à ne jamais demander la privatisation des services de gestion de l'eau.

l'ICE est une procédure permettant aux citoyens européens de demander aux autorités de l'UE de nouvelles législations à condition que le texte soit signé par au minimum un million de personnes issues d'au moins sept Etats membres.

L'initiative «l'eau est un droit humain» s'inscrit dans la bataille entre les grandes entreprises privées du secteur de l'eau, comme les françaises Veolia et Suez qui souhaitent exporter leur modèle public-privé, aux régies publiques qui gèrent la distribution de l'eau en Allemagne, mais aussi aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves. Le fond grec des privatisations a indiqué qu'il ne prendrait pas en compte l'issue du référendum de Thessalonique. (lgü/afp)

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