La Turquie frappe de nouveau le PKK
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La Turquie frappe de nouveau le PKK

La Turquie a mené une nouvelle offensive aérienne samedi contre les positions du Parti des travailleurs du Kurdistan en Irak.

Ankara a affirmé avoir infligé de lourdes pertes aux rebelles séparatistes retranchés dans le nord de ce pays.

«Des appareils de l'aviation turque ont frappé entre 13h25 (12h25 heure suisse) et 14h00 (13h00) des positions de l'organisation terroriste» PKK, souligne un communiqué de l'état- major publié sur le site internet de l'armée.

Les chasseurs turcs sont rentrés sains et saufs à leurs bases, selon l'armée qui ne précise pas la position géographique des cibles attaquées.

L'artillerie turque a ensuite pilonné entre 16h55 (15h55 heure suisse) et 17h10 (16h10) des positions du PKK dans le nord de l'Irak, précise l'armée qui fait état «de centaines de terroristes» tués au cours des frappes de ces dernières semaines.

Villages bombardés

Un porte-parole des forces de sécurité du Kurdistan irakien (peshmergas), Jabbar Yawar, a confirmé ces frappes, menées après une incursion des chasseurs turcs dans la région montagneuse d'Amadiyah, proche de la frontière turque.

«Dans l'après-midi, des avions de combat turcs ont pénétré dans l'espace aérien du nord de l'Irak dans la région d'Amadiyah. Ils ont bombardé des villages kurdes d'Irak», a déclaré le porte-parole à l'AFP.

Il a ajouté que l'ampleur des dégâts n'était pas connue, précisant que ces régions étaient «largement désertes et situées le long de la frontière avec la Turquie».

«Efficace»

Le communiqué de l'armée turque souligne que le bilan des attaques turques sera annoncé dans le courant de la semaine prochaine, ajoutant que les opérations contre les rebelles kurdes se poursuivront malgré les conditions hivernales régnant dans cette région montagneuse.

«Nous ferons comprendre combien les opérations (militaires) visant l'organisation terroriste sont efficaces», affirme l'armée, ajoutant que le PKK «n'a plus aucune chance de réussite» contre la Turquie.

L'aviation turque a bombardé le 16 décembre le massif de Qandil, une région boisée et très escarpée du Kurdistan irakien située à la limite de la Turquie et de l'Iran. Cette région abrite le quartier général des quelque 3500 rebelles du PKK qui utilisent la région autonome du Kurdistan irakien comme base arrière pour leurs actions en Turquie.

Une incursion terrestre turque limitée a été menée le lendemain contre les rebelles dans le nord de l'Irak. En Suisse, environ 400 personnes ont manifesté pacifiquement samedi après-midi à Bâle contre ces opérations militaires.

Lutte pour l'autonomie

Le PKK est considéré comme un groupe terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne. Washington a fourni des renseignements à Ankara sur le PKK dans la montagne irakienne, avait indiqué après la première offensive aérienne le chef de l'armée turque, le général Yasar Büyükanit.

Accusant les Kurdes d'Irak, alliés des Américains, de soutenir le PKK, la Turquie a menacé depuis le début de cette année de lancer une opération militaire dans le nord de l'Irak pour en déloger les rebelles qui se servent de cette région comme d'une base arrière pour leurs actions dans le sud-est de la Turquie, une région peuplée majoritairement de Kurdes.

La Turquie, qui dispose de la deuxième armée de l'OTAN en effectifs (515.000 hommes), après les Etats-Unis, a massé 100.000 hommes à la frontière irakienne, longue de 380 kilomètres. Le PKK a engagé une lutte armée depuis 1984 pour obtenir l'autonomie de l'est et du sud-est de la Turquie, au prix de 37.000 morts. (ats)

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