Actualisé 10.06.2011 à 19:38

Pour quitter la Libye

La Turquie offre une «garantie» à Kadhafi

La Turquie a annoncé, par la voix du Premier ministre Erdogan, avoir offert une garantie au dirigeant libyen pour qu'il quitte la Libye.

La Turquie a offert une «garantie» au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour qu'il quitte son pays, mais n'a pas reçu de réponse jusqu'à présent, a déclaré vendredi le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

Kadhafi «n'a pas d'autre solution que de quitter la Libye, avec une garantie qui lui sera donnée... Nous lui avons donné cette garantie. Nous lui avons dit que nous apporterions notre aide pour qu'il soit envoyé là où il le souhaite», a dit M. Erdogan à la chaîne de télévision NTV, sans préciser qu'elles assurances lui ont été données.

«Selon la réponse qu'il nous donnera, nous soumettrons cette question à nos alliés (de l'Otan), mais malheureusement, nous n'avons pas reçu de réponse jusqu'à présent», a-t-il ajouté.

Soutien grandissant aux rebelles

La rébellion libyenne reçoit un soutien international de plus en plus important, l'entourage du colonel libyen Mouammar Kadhafi menant des discussions, selon les Etats-Unis, sur une possible transition. Sur le terrain, au moins 20 personnes ont été tuées vendredi à Misrata.

Au soutien financier, incarné par un fonds international d'aide financière désormais «opérationnel» et provenant en particulier d'avoirs bloqués du régime libyen à l'étranger, s'ajoute l'appui politique manifesté lors de la réunion du Groupe de contact sur la Libye à Abou Dhabi.

Pour la première fois, les Etats-Unis ont décrit le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, comme «l'interlocuteur légitime» du peuple libyen, devenant ainsi le 11e pays à apporter cette reconnaissance après la France, le Qatar, le Royaume-Uni, l'Italie, la Gambie, Malte, la Jordanie, le Sénégal et l'Espagne, ainsi que l'Australie jeudi.

Et si la Chine, contrairement à Washington ou même Moscou, n'a pas appelé au départ du colonel Kadhafi, elle a toutefois entamé un rapprochement avec les insurgés en se disant jeudi prête à accueillir «dans un avenir proche» des représentants du CNT.

«Plus tôt tu partiras...»

Selon Washington, M. Kadhafi, dont les jours au pouvoir sont «comptés», est en outre menacé par son entourage. «Il y a eu une série de discussions, qui se poursuivent encore, dans l'entourage de Kadhafi, et nous savons que ces discussions abordent, entre autre, la possibilité d'une transition», a assuré la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Même au sein de l'Union africaine (UA), médiatrice en titre dans ce conflit débuté, le front semble se lézarder sur ce dossier. Après le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz mardi, selon qui «Kadhafi ne peut plus diriger la Libye», le chef d'Etat sénégalais Abdoulaye Wade, en visite à Benghazi, la «capitale» rebelle, a lancé au colonel Kadhafi: «Plus tôt tu partiras, mieux ça vaudra».

Plan russe?

Peu après le début de la rébellion armée mi-février, l'UA a proposé une délicate «feuille de route», qu'elle ne cesse de défendre depuis, prévoyant un cessez-le-feu et l'instauration d'une période de transition. Tripoli avait accepté ces propositions, mais le CNT a refusé toute discussion avant le départ de Kadhafi et de ses fils.

Moscou va aussi proposer son plan. L'émissaire russe pour la Libye, Mikhaïl Marguelov, a annoncé vendredi qu'il se rendrait à Tripoli dans de brefs délais pour y rencontrer des membres du gouvernement et que la Russie présenterait ensuite une «feuille de route» pour une sortie de crise.

Explosions quotidiennes

Dans le même temps, l'OTAN maintenait une forte pression, essentiellement sur Tripoli et la région de Misrata, enclave rebelle à 200 km à l'est de la capitale. Des explosions ont a nouveau secoué vendredi la banlieue-est de la capitale.

Les forces gouvernementales libyennes ont elles bombardé la ville de Misrata, aux mains des insurgés, tuant au moins 20 personnes. Un journaliste de Reuters a pu voir les corps à l'hôpital et entendre des tirs nourris dans la ville portuaire assiégée, à quelque 200 km à l'est de Tripoli. Huitante personnes ont aussi été blessées.

La télévision publique libyenne a en outre rapporté que les forces gouvernementales avaient abattu un hélicoptère de l'OTAN qui s'est abîmé en mer au large de la ville de Zlitane, à 160 km à l'est de Tripoli. L'OTAN a aussitôt démenti.

Les doutes de Gates

Lancée le 19 mars et passée sous commandement OTAN le 31 mars, la campagne de bombardements dure maintenant depuis près de trois mois, mais l'Alliance s'est dite déterminée à mener à bien sa mission. Elle a prolongé son mandat de trois mois, jusqu'à fin septembre.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a cependant évoqué vendredi un manque d'investissements politiques et militaires de la part des alliés occidentaux de l'OTAN. Il a souligné que les «lacunes» relevées en Libye pourraient «compromettre» l'efficacité de la mission.

D'ailleurs, la Norvège, qui a envoyé six chasseurs F-16 pour contribuer aux frappes en Libye, a annoncé vendredi qu'elle mettrait fin à sa participation aux opérations aériennes à compter du 1er août. Les Pays-Bas vont eux prolonger de trois mois la leur.

(afp)

Kadhafi salue le Congrès pour ses critiques

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a écrit une lettre, consultée par l'AFP, au Congrès des Etats-Unis dans laquelle il salue les critiques de parlementaires faites à l'encontre du président Barack Obama sur la poursuite des opérations de l'Otan en Libye.

La lettre, qui n'est adressé à personne en particulier au Congrès, indique que le colonel Kadhafi suit «avec grand intérêt» les discussions au Capitole sur la participation américaine à l'opération de l'Otan en Libye.

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