Covid à Genève - Syndicats et patrons encouragent la vaccination pour être «solidaires entre collègues» 
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Covid à GenèveLa vaccination pour être «solidaires entre collègues»

Syndicats, patrons et autorités appellent les entreprises à libérer leurs employés durant les heures de travail pour qu’ils puissent recevoir leur double piqure.

par
David Ramseyer
Frank Mentha

Fruit d’un «dialogue social responsable et engagé», dixit la conseillère d’Etat Fabienne Fischer, chargée de l’économie, les organisations syndicales et patronales ont lancé lundi un appel aux entreprises du canton pour faciliter l’accès à la vaccination de leurs employés. Les partenaires leur demandent de libérer sur les heures de travail les collaborateurs qui souhaiteraient se faire vacciner.

Heures d’absence payées

Ces heures ne doivent pas être retenues sur les salaires, ont aussi insisté la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) et l’Union des associations patronales genevoises (UAPG). Cette dernière a relevé que «si d’habitude les rendez-vous médicaux sont plutôt pris en dehors des horaires de travail, là, on fait face à une situation exceptionnelle, qui exige de la souplesse de la part des employeurs.»

Eviter de fermer des entreprises

Sachant que 9 personnes sur 10 aux soins intensifs pour un Covid sont non vaccinées, se protéger au mieux contre la maladie est essentiel, a insisté Joël Varone, secrétaire à la CGAS. «On le doit à nous-même, aux collègues et aux proches; c’est un acte de solidarité. Les infections et les clusters sur les lieux de travail sont une réalité. Je rappelle cependant que la vaccination n’est pas l’unique solution. Les plans de protections sont eux aussi importants.»

L’objectif n’est pas seulement sanitaire, mais également économique, a ajouté Arnaud Bürgin, de l’UAPG, qui représente plus de 75% des entreprises du canton et quelque 250’000 emplois: «Nous voulons éviter de nouvelles fermetures.»

Pas d’obligation

Des courriers électroniques, avec des QR codes pour obtenir des informations et des rendez-vous afin de se faire piquer, vont être envoyés aux milliers de petits et grands entrepreneurs que compte le canton. L’appel restera cependant symbolique. Aucun des partenaires sociaux n’a le pouvoir légal d’obliger les employeurs à faire vacciner leur personnel. «Si des patrons ne répondent pas aux souhaits des collaborateurs, nous encourageons ces derniers à nous prévenir, pour pouvoir dialoguer avec la direction», a commenté Joël Varone.

Des recommandations à faire vacciner le personnel ont par ailleurs été lancées depuis plusieurs mois; elles ont reçu un accueil «divers et varié», selon le patronat et les syndicats. Ceux-ci – tout comme le Département cantonal de l’économie – se veulent cependant optimistes. «La situation sanitaire actuelle et la récente extension de pass devraient encourager les patrons à libérer leurs employés et lever en partie les réticences tant des salariés que des employeurs».

«Succès» des rendez-vous pour salariés

Les appels et les solutions à la vaccination au sein des entreprises ne datent pas d’aujourd’hui. Ainsi, depuis le 5 juin dernier, les entrepreneurs peuvent passer par le service du pharmacien cantonal, afin de réserver des plages horaires spécifiques pour les employés qui souhaitent recevoir le sérum. «Le dispositif a rencontré un grand succès», selon Nathalie Vernaz-Hegi, pharmacienne cantonale. Le groupe M3, qui gère un des plus gros centres de vaccination au bout du lac, confirme que tous les créneaux prévus ont été utilisés.

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