Géant pétrolier : Aramco lève 12,4 milliards de dollars dans un accord sur des oléoducs
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Géant pétrolier Aramco lève 12,4 milliards de dollars dans un accord sur des oléoducs

Le géant de l’énergie Saudi Aramco avait annoncé un bénéfice net de 41 milliards d’euros en 2020, en baisse de 44,4% comparé à l’année précédente.

par
Leo Tichelli
La baisse du bénéfice net d’Aramco est mauvais signe pour l’économie saoudienne, qui dépend énormément de ses exportations de pétrole. 

La baisse du bénéfice net d’Aramco est mauvais signe pour l’économie saoudienne, qui dépend énormément de ses exportations de pétrole.

AFP

Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé avoir signé un accord avec un consortium mené par le fonds américain EIG Global Energy Partners en vertu duquel il touchera 12,4 milliards de dollars pour l’utilisation de son réseau d’oléoducs. Aramco et EIG vont former une coentreprise détenue à 51% par le premier et à 49% par le second, ce qui permettra au groupe saoudien d’engranger dans un premier temps «environ 12,4 milliards de dollars», a indiqué ce dernier dans un communiqué publié tard vendredi. Cette coentreprise, Aramco Oil Pipelines Company, louera ensuite le réseau d’oléoducs d’Aramco pour une période de 25 ans, a ajouté le géant pétrolier, précisant qu’il garderait «la pleine propriété et le contrôle sur les opérations» du réseau.

Chute du bénéfice net

La compagnie saoudienne avait indiqué dans un communiqué avoir divisé son bénéfice net par deux en 2020: «Aramco a réalisé un bénéfice net de 49 milliards de dollars (41 milliards d’euros) en 2020», contre 88,2 milliards de dollars (73,8 milliards d’euros) l’année précédente. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, a été frappée l’an dernier par la faiblesse des cours et les fortes réductions de la production.

«La société a fait preuve d’une forte résilience financière dans l’une des périodes les plus difficiles pour l’industrie», indique le communiqué d’Aramco. «Les recettes ont été affectées par la baisse des prix du pétrole brut et des volumes vendus, ainsi que par la réduction des marges sur le raffinage et les produits chimiques», précise la société. Ces dernières semaines, les prix du brut ont augmenté pour dépasser les 60 dollars le baril.

Vache à lait de l’Arabie saoudite

Cependant, des analystes estiment que le géant saoudien se prépare à une éventuelle nouvelle vague de contaminations au coronavirus qui pourrait compromettre la timide reprise économique mondiale et éroder davantage la demande mondiale de pétrole brut.

Aramco, considéré comme la vache à lait de l’Arabie saoudite, a révélé des baisses consécutives de ses bénéfices depuis que la société a commencé à divulguer ses résultats en 2019. L’année dernière, le mastodonte de l’énergie avait déjà affiché un bénéfice net annuel pour 2019 en baisse de 20,6% par rapport à 2018.

75 milliards de dividendes versés

Malgré la situation, Aramco a affirmé avoir versé 75 milliards de dollars de dividendes à ses actionnaires, un montant qui dépasse le bénéfice déclaré, comme il s’y était engagé lors de son introduction en Bourse en grande pompe en 2019. Le géant pétrolier a fait ses débuts en Bourse à Ryad en décembre 2019 à la suite d’une introduction alors record, qui a généré 29,4 milliards de dollars par la vente de 1,725% de ses actions.

Malgré la pandémie, «nous avons mis encore plus l’accent sur la rentabilité de notre capital et notre efficacité opérationnelle», de quoi permettre le versement des dividendes, a affirmé le PDG d’Aramco, Amin Nasser. Les versements de dividendes par Aramco aide le gouvernement saoudien, premier actionnaire de la société, a gérer le déficit budgétaire abyssal du royaume. Le géant saoudien va par contre réduire ses dépenses en capital en 2021.

«La société prévoit que ses dépenses en capital pour 2021 soient d’environ 35 milliards de dollars, beaucoup moins que les quelque 40-45 milliards de dollars» d’abord envisagés, précise le communiqué. Pour faire face à la situation économique moribonde, Aramco a également supprimé des centaines d’emplois pour réduire ses coûts, avait rapporté en juin l’agence Bloomberg.

La chute brutale des revenus pétroliers devrait entraver les plans ambitieux du prince héritier Mohammed ben Salmane, car la diversification de l’économie qu’il prône doit être largement financée par les revenus de l’énergie. En janvier, il avait annoncé l’intention de son pays de vendre davantage d’actions d’Aramco dans les années à venir, l’argent généré devant être transféré au Fonds d’investissement public, principal instrument de la politique de diversification de l’économie du pays. Mais au vu de la situation économique et sanitaire, ces ventes d’actions supplémentaires pourraient ne pas susciter l’intérêt des investisseurs, estiment des analystes.

(AFPE)

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