La variole du singe se répand en Europe, la Suisse attend
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ÉpidémieLa «variole du singe» se répand en Europe, la Suisse attend son heure

Le nombre de personnes atteintes continue de croître dans le monde. Alors qu’épidémiologistes et autorités sont préoccupés, la Suisse observe sans crainte.

par
Yannick Weber
Une image au microscope électronique montre des molécules de virus de la variole du singe matures.

Une image au microscope électronique montre des molécules de virus de la variole du singe matures.

REUTERS

Derniers en date, l’Italie et la Suède ont répertorié, jeudi, leurs premiers cas humains de variole du singe. Depuis début mai, des dizaines de personnes ont été infectées sur sol européen. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le premier cas a été identifié au Royaume-Uni et était «importé», avant que le virus ne soit transmis sur son sol. L’Espagne, le Portugal et les États-Unis ont aussi détecté des cas.

La Suisse observe

La Suisse, elle, est dans l’attente. «Aucun cas n’est connu, la probabilité d’une épidémie est actuellement considérée comme très faible et aucune mesure spécifique n’est nécessaire», écrit Daniel Dauwalder, porte-parole de l’OFSP, qui ajoute que «les cas de variole du singe ne sont pas un phénomène nouveau et se produisent depuis des années dans différents pays».

Si un cas était détecté en Suisse, «les cantons prendraient des mesures pour limiter la transmission» et l’OFSP en serait informé. «Les laboratoires sont tenus de communiquer les résultats à l’OFSP dans les deux heures», indique Daniel Dauwalder.

Pour la première fois, des transmissions en dehors des pays africains touchés sont recensées.

Pour la première fois, des transmissions en dehors des pays africains touchés sont recensées.

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En Europe, on s’active

La situation intrigue bien plus les virologues et les autorités européennes. Pour l’ECDC, «c’est la première fois que des chaînes de transmission sont rapportées en Europe sans lien avec l’Afrique occidentale et centrale» et il parle d’une «fréquence inhabituellement élevée de la transmission interhumaine». Les premiers indices s’orientent vers des contagions par voie sexuelle chez de jeunes hommes.

La virologue néerlandaise Marion Koompans a, elle, tweeté jeudi matin: «L’épidémie commence à être inquiétante. Des cas détectés dans plusieurs pays différents et en même temps, c’est très inhabituel». L’ECDC affirme que «la propagation ultérieure du virus par contact intime est considérée comme élevée», mais «faible» sans contact étroit.

La variole du singe, c’est quoi?

Il s’agit d’un type de variole détecté pour la première fois chez des animaux en 1958. Le premier cas humain a été recensé en 1970 en République démocratique du Congo. Depuis, des cas sont régulièrement détectés dans certains pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Dans les pays occidentaux, de rares cas ont été détectés chez des personnes de retour de voyage dans ces pays.

Quels sont les symptômes?

Ce sont les mêmes que pour la variole, mais en moins sévères. Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, frissons et fatigue sont les plus courants. Entre un et trois jours après l’apparition de fièvre, on peut constater des éruptions cutanées, comme des pustules, d’abord sur le visage puis sur d’autres parties du corps.

Comment se transmet-elle?

La maladie se transmet de l’animal à l’homme (morsure, griffure). La contamination interhumaine peut se faire «par de grosses gouttelettes respiratoires», mais il faut pour cela «un contact prolongé face à face», dit l’agence sanitaire américaine CDC. Le virus peut aussi se transmettre par contact direct avec des fluides corporels.

Comment se traite-t-elle?

«Il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin», dit l’OMS, même si les vaccins contre la variole se sont révélés efficaces aussi contre la variole du singe. Or les campagnes de vaccination ont été arrêtées dans les années 1970, avant que l’OMS ne déclare en 1980 qu’elle avait été éradiquée.

Quelle est sa dangerosité?

Selon l’OMS, la mortalité liée à la variole du singe est comprise entre 1 et 10% des personnes infectées, «la plupart des décès survenant chez les plus jeunes».

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