Genève: «La vétérinaire a refusé de me rendre mon chien»
Publié

Genève«La vétérinaire a refusé de me rendre mon chien»

Un animal a été retenu plus longtemps que prévu dans un cabinet. La police est intervenue. Les versions du maître et de la doctoresse divergent.

par
Jérôme Faas
Gaston se remet de sa torsion de l’estomac au domicile de Julien, son maître.

Gaston se remet de sa torsion de l’estomac au domicile de Julien, son maître.

20 Minutes / jef

Gaston, un bleu de Gascogne de 4 ans, a-t-il été «séquestré» par un cabinet vétérinaire genevois? Julien, son propriétaire, affirme que oui et se dit scandalisé. La patronne des lieux, elle, s’en défend. Toujours est-il que l’épisode, survenu mi-août, a été assez inhabituel pour qu’un employé du Service des affaires vétérinaires (SCAV) se rende sur place avec deux policiers.
L’affaire a débuté le 16 août. Le chien de chasse souffrait d’une torsion de l’estomac. Sans une intervention rapide, d’un prix de 2300 fr., c’était la mort. Julien verse un acompte de 900 fr. La vétérinaire opère et sauve l’animal. Tout se gâte le jeudi 20. Le maître, qui ne roule pas sur l’or, vient récupérer Gaston mais demande un arrangement pour payer le solde en plusieurs fois. «La vétérinaire a dit non, elle voulait la totalité et a refusé de me rendre mon chien.» Le lendemain, il pense revenir avec 500 fr. quand les policiers, à sa grande surprise, l’appellent. «Ils m’ont dit de venir sans argent, car retenir un chien était illégal. Sur place, j’ai conclu un arrangement financier et j’ai récupéré Gaston», sous le contrôle du SCAV.
La doctoresse jure qu’il s’agit d’un malentendu. «Garder le chien, jeudi, était une décision médicale. Il était très faible. Il lui fallait 24 heures de plus pour se remettre. Comme nous avons aussi parlé d’argent, le propriétaire a dû mélanger et croire que je gardais l’animal pour des raisons financières.» Elle dit son dépit. «J’ai sauvé son chien et on me remercie ainsi. Ça me peine.»

Pas le droit de retenir un animal

«On n’a absolument pas le droit de retenir un animal. Dans le domaine médical, juridiquement, ça ne tient pas», expose Doris Hugi, qui préside la société genevoise des vétérinaires. Quant à l’encaissement d’un acompte, et fait acte de pragmatisme. «D'un point de vue éthique, on a le devoir de soigner. Mais vu le grand nombre d’impayés, nous essayons souvent de négocier des acomptes.» Et si le client dit non, tout est affaire d’appréciation. «Si c’est un ongle cassé, on peut refuser d’intervenir, mais pas du tout pour une urgence vitale.»

Ton opinion