Genève: «La victime a été exécutée froidement»
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Genève«La victime a été exécutée froidement»

Le Ministère public a requis l'assassinat et 18 ans de prison contre le juriste autrichien accusé d'avoir abattu sa femme de sept balles dans la tête en 2014.

par
Julien Culet
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Fleurs, bougie et message avaient été déposés devant la porte de l'appartement de la victime, dans le quartier de Sécheron.

Fleurs, bougie et message avaient été déposés devant la porte de l'appartement de la victime, dans le quartier de Sécheron.

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Le corps de la victime a été découvert en bas de cet escalier.

Le corps de la victime a été découvert en bas de cet escalier.

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Un accusé «calme, intellectuel, réfléchi, calculateur, qui ne montre aucune émotion». C'est la description que fait le procureur du docteur en droit autrichien suspecté d'avoir tué son ex-femme mexicaine de sept balles dans la tête, le 13 juin 2014, dans le quartier genevois de Sécheron. Devant les juges du Tribunal criminel, Joël Schwarzentrub a balayé ce mercredi les arguments de la défense et a requis 18 ans de prison pour assassinat.

Pour le Ministère public, le crime est d'une simplicité rare. «Comme le disent les policiers, c'est un meurtre à étalage. On a retrouvé le cadavre, l'accusé à côté, l'arme du crime, les munitions utilisées et on a le mobile», a détaillé le procureur. L'Autrichien, qui avait acheté un pistolet quatre mois plus tôt, serait passé à l'acte après une restriction de son droit de visite et à la crainte que ses enfants partent au Mexique.

Suicide «grotesque»

L'accusé, retrouvé inconscient devant la porte de l'appartement de son ex-épouse, dit ne pas se souvenir des faits. Il aurait fait une crise de panique. La défense n'exclut ainsi pas l'intervention d'une troisième personne. «Un tiers devait être au bon endroit, au bon moment et aurait dû utiliser les mêmes munitions que celles achetées par le prévenu, a expliqué le procureur. Au cinéma, les spectateurs sortiraient de la salle tant le scénario est mauvais.» Il a aussi balayé la thèse «grotesque» du suicide suivi d'une volonté de l'accusé d'abréger les souffrances de la victime.

Le fait que le juriste affirme être amnésique ne l'empêche pas d'être reconnu coupable, selon le Ministère public. «Il doit être jugé pour ce qu'il a fait», estime Joël Schwarzentrub. Ce dernier pense d'ailleurs que cette perte de mémoire sert au prévenu, qui «ne peut pas être mis face à ses contradictions. Il n'a pas à se justifier devant les juges, devant sa famille, devant ses deux enfants.»

Un assassinat prémédité

Enfin, le procureur a demandé aux juges de retenir l'assassinat. Il évoque une «exécution froide en deux temps. L'accusé a pointé le pistolet à bout touchant, entre les deux yeux de la victime et l'a abattue de deux balles. Alors que celle-ci était morte et gisait dans une flaque de sang, cela ne lui a pas suffi. Il a tiré cinq coups supplémentaires dans la partie gauche de son visage.» En plus de l'acharnement, le Ministère public a aussi noté la préméditation. D'après lui, le prévenu a pris le train plutôt que l'avion pour venir à Genève depuis Vienne afin d'amener l'arme, achetée dans le but de tuer sa femme.

Le verdict sera prononcé vendredi.

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