Soldate abusée par des militaires à Cortaillod: La victime dans un état physique déplorable
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Soldate abusée par des militaires à CortaillodLa victime dans un état physique déplorable

La justice militaire a confirmé mercredi l'ouverture d'une enquête sur des soupçons d'abus sexuels, commis au dépens d'une soldate, lors d'un cours de répétition près de Neuchâtel. Les faits incriminés remontent à la semaine passée.

A Berne, l'Office de l'auditeur en chef de l'armée suisse a confirmé l'ouverture d'une enquête à propos de faits révélés mercredi par le quotidien «Le Matin». La procédure d'investigation porte sur «des actes commis sur une militaire de sexe féminin», a déclaré Silvia Schenker, porte-parole de l'office.

La victime des abus présumés se trouvait dans un état physique déplorable. Elle a été hospitalisée au lendemain des faits. Au nom des règles de protection de la personnalité, les autorités militaires n'ont pas précisé si la jeune femme avait quitté l'établissement de soins.

Consommation d'alcool

La soldate aurait été abusée sexuellement par un ou plusieurs de ses camarades, à l'issue d'une soirée bien arrosée dans les bistrots du Littoral neuchâtelois. Les faits incriminés seraient survenus dans les lieux d'hébergement d'une compagnie sanitaire stationnée à Cortaillod, près de Neuchâtel.

Selon Silvia Schenker, les actes d'enquête ont débuté à la demande du commandant de la compagnie d'Etat-major bataillon Hôpital 2, dont le cours de répétition s'est achevé vendredi dernier. La centaine de soldats romands et tessinois cantonnés à Cortaillod a été entendue par la justice militaire pendant la période de service.

Juge d'instruction

L'enquête a été confiée au juge d'instruction militaire Nicolas Aubert, qui exerce au civil la fonction de substitut du Procureur au Ministère public neuchâtelois. Contacté par l'ATS, ce dernier a renvoyé auprès de l'Office de l'auditeur en chef la réponse à toute demande d'information sur les faits incriminés.

La porte-parole de l'office n'a rien voulu dire des circonstances de l'affaire, ni de la date exacte des faits incriminés ou du nombre de soldats impliqués. Elle ne s'est pas prononcée non plus sur la nature des abus sexuels présumés.

Privée de discernement

Selon le quotidien «Le Matin», de deux à cinq soldats pourraient être impliqués dans les abus qui auraient tourné au viol. L'enquête concernerait en particulier deux soldats, qui auraient profité de l'absence de discernement de leur victime, complètement ivre et incapable de résistance.

Le règlement de service de l'armée suisse ne comporte aucune mesure spécifique concernant les soldates. «Il n'y a pas de règle pour protéger tout spécialement les femmes», a précisé à se sujet Jean-Luc Piller, porte-parole du Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).

Quartiers réservés

«Toutes les fonctions dans l'armée suisse sont ouvertes aux femmes», a ajouté le porte-parole. Selon lui, les commandants de compagnie sont tenus de mettre à disposition des soldates des installations sanitaires et des dortoirs réservés.

Les cours de répétition dans l'armée suisse n'exluent pas la mixité des sexes. Les premières écoles de recrues mixtes ont été organisées à la fin des années 90, a précisé Jean-Luc Piller. (ats)

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