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30 ans aprèsLa victime de l'«affaire Polanski» veut tourner la page

Samantha Geimer, l'adolescente avec laquelle Roman Polanski a eu des «relations sexuelles illégales» en 1977 est aujourd'hui une mère de famille de 45 ans qui a demandé à la justice américaine d'abandonner les poursuites contre le cinéaste pour que «ce chapitre se referme».

Lors de son témoignage devant un grand jury réuni pour juger les faits en 1977, l'adolescente raconte qu'en mars 1977, Roman Polanski demande à sa mère s'il peut organiser une séance photos avec Samantha dans la villa de l'acteur Jack Nicholson, située dans le quartier de Hollywood Hills.

Lorsque l'adolescente arrive chez Jack Nicholson, Roman Polanski l'abreuve de champagne et de drogues, affirme-t-elle au grand jury.

Il prend des photos d'elle nue dans un bain, puis, malgré la résistance qu'elle lui oppose, Roman Polanski réussit à la forcer à avoir une relation sexuelle, toujours selon son témoignage devant la justice.

«Je disais : 'Non, non. Je ne veux pas aller (dans la chambre). Non, je ne veux pas faire ça. Non'», racontait Samantha Geimer dans un entretien en 2003.

«Nous étions seuls, et je ne savais pas ce qui se passerait si je piquais une crise. Mais après avoir résisté, j'ai pensé que, bon, je pourrais rentrer chez moi après ça», ajoutait-elle dans la même interview.

Arrêté sur la plainte des parents de Samantha Geimer, le cinéaste, 43 ans à l'époque, plaide coupable de «relations sexuelles illégales» et passe un mois et demi en prison. Fin janvier 1978, menacé de retourner sous les verrous, Polanski prend un avion pour la France où il vit depuis.

Samantha Geimer a, à de nombreuses reprises, exprimé le dégoût qu'elle a ressenti lorsqu'elle a dû raconter les faits à la police, puis à la Justice.

Elle a quitté Los Angeles pour Hawaï dans les années 80 où elle s'est mariée et a élevé trois fils, loin de la célébrité qu'elle a acquise malgré elle.

En janvier de cette année pourtant, elle s'est décidée à faire une requête devant la Justice de Los Angeles pour que les poursuites contre Roman Polanski soient abandonnées.

Elle a expliqué que l'insistance avec laquelle le parquet de la ville exigeait le retour du cinéaste aux Etats-Unis tenait de la «mauvaise blague» dont elle faisait les frais.

A cela s'ajoute la colère qu'elle ressent chaque fois que la justice ressort son témoignage lors d'audiences publiques relatives à l'affaire.

«J'ai survécu, j'ai même surmonté (cette épreuve) et guéri de tous les maux que M. Polanski a pu m'infliger lorsque j'étais enfant», dit-elle, ajoutant qu'il est temps que «ce chapitre se referme». (afp)

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