Actualisé 04.07.2013 à 12:12

Egypte

La vidéo de l'arrestation de Mohamed Morsi

Le président déchu serait retenu au Ministère de la défense. La vidéo de ce qui semble être son arrestation circule sur internet. Par ailleurs, le juge Adly Mansour a prêté serment comme président par intérim.

Un haut fonctionnaire militaire a confirmé que Mohamed Morsi a été transféré au Ministère de la défense. La source anonyme a laissé entendre que le président déchu était «retenu de manière préventive». Il pourrait être poursuivi. La nouvelle du transfert de Morsi au ministère avait été donnée auparavant par les Frères musulmans.

Par ailleurs, une vidéo circule actuellement sur internet. On y voit ce qui semble être les moments de l'arrestation de Mohamed Morsi. Les images sont floues, mais on peut entendre des voix et des hurlements de militaires. La séquence a été diffusée par un certain Belal Ebrahem et son authenticité reste encore à confirmer.

Mansour prête serment comme président par intérim

Un magistrat peu connu a prêté jeudi serment comme président par intérim de l'Egypte, au lendemain de la déposition par l'armée de l'islamiste Mohamed Morsi.

Lors d'une brève allocution, Adly Mansour, président de la Haute Cour constitutionnelle désigné par l'armée pour remplacer M. Morsi, a promis de «protéger le système républicain» et d'être le «garant des intérêts du peuple».

La chute de Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu d'Egypte, met un terme à un an de pouvoir islamiste marqué par des crises à répétition et une forte contestation populaire; elle ouvre la voie à une délicate transition dans un pays profondément divisé entre pro et anti-Morsi.

Inquiétude à l'étranger

Ce coup d'Etat dans le plus peuplé des pays arabes a suscité l'inquiétude à l'étranger, le président américain Barack Obama appelant à examiner l'implication de ces événements pour l'importante aide militaire à l'Egypte, la Russie à la retenue et l'Union européenne à une présidentielle rapide.

La Suisse a appelé pour sa part à un retour rapide de la démocratie, à rechercher des solutions politiques et à éviter une escalade de violence.

«Victoire pour la légitimité populaire»

«Victoire pour la légitimité populaire», «Le président chassé par la légitimité populaire», «l'Egypte est de retour», titrait la presse gouvernementale et indépendante. En revanche, le journal Horreya al-Adala des Frères musulmans ignorait son renversement et titrait sur les manifestations pro-Morsi.

Les événements se sont précipités depuis lundi au lendemain de manifestations sans précédent, émaillées de violences meurtrières, contre M. Morsi , élu il y a un an et accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit des Frères musulmans dont il est issu.

Morsi arrêté

Après l'expiration d'un ultimatum de 48 heures lancé par l'armée et face à la persistance de M. Morsi à rester au pouvoir, c'est son ministre de la Défense et chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, le nouvel homme fort du pays, qui a annoncé mercredi soir sa mise à l'écart.

Les forces de sécurité l'ont ensuite arrêté et l'ont emmené au siège du Ministère de la défense, après la diffusion d'un enregistrement vidéo dans lequel M. Morsi s'est redit «le président élu d'Egypte» et a dénoncé un «coup d'Etat complet rejeté par les hommes libres du pays».

Crainte de nouvelles violences

Ce coup de force fait craindre de nouvelles violences, alors que les troubles depuis le 26 juin ont coûté la vie à 57 personnes, dont dix morts mercredi soir lors de heurts avec les forces de l'ordre et d'accrochages entre pro et anti-Morsi.

Le Ministère de l'intérieur a averti qu'il répondrait «fermement» aux troubles et des blindés ont été déployés la veille au Caire.

Mesures contre les Frères musulmans

Dans le cadre des mesures prises contre les Frères musulmans, qui étaient arrivés au pouvoir après avoir été honnis durant les 30 ans de dictature de Moubarak, l'équipe présidentielle a été aussi placée en résidence surveillée alors que 300 mandats d'arrêt ont été lancés contre ses membres, notamment Mohamed Badie, le chef de file, et son adjoint Khairat al Chater. Deux de ses dirigeants ont été interpellés, Saad al-Katatni et Rached Bayoumi.

Un haut responsable de l'armée a confirmé la détention «de façon préventive» de M. Morsi, laissant entendre qu'il pourrait être poursuivi, alors qu'il est sous le coup - avec plusieurs dirigeants de la confrérie, dont le Guide suprême Mohammed Badie - d'une interdiction de quitter le territoire.

Feuille de route

La feuille de route sur la transition politique a été annoncée par le général Sissi, après des discussions avec le représentant de l'opposition Mohamed ElBaradei et les principaux dignitaires religieux musulmans et chrétiens du pays.

«Outre la suspension provisoire de la Constitution», elle prévoit que «le président par intérim Adly Mansour prenne en charge les affaires du pays durant la période de transition jusqu'à l'élection d'un nouveau président», a-t-il annoncé, en soulignant que l'armée «resterait éloignée de la politique». (20 minutes/afp)

Mandat d'arrêt contre le chef des Frères musulmans

Le parquet égyptien a émis des mandats d'arrêt à l'encontre de Mohamed Badie, chef de file des Frères musulmans, et de son adjoint Khaïrat al Chater, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires et militaires. Ces nouveaux développements interviennent au lendemain de l'éviction du président Mohamed Morsi. Homme d'affaires fortuné, Khaïrat al Chater est considéré comme le principal stratège politique de la confrérie. Il était le premier choix du mouvement islamiste pour l'élection présidentielle de 2012, mais des antécédents judiciaires l'ont contraint à céder la place à Mohamed Morsi.

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