Etats-Unis: La vidéo de son passage à tabac devient son arme
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Etats-UnisLa vidéo de son passage à tabac devient son arme

Tabassée par quatre lycéennes, Mia a ensuite vu la vidéo de l'attaque apparaître sur internet. Elle a décidé de s'en servir pour dénoncer les coupables.

par
joc

Mia Chanel DeJesus, 16 ans, a été prise pour cible par quatre adolescentes, le 27 janvier dernier. La jeune fille s'est retrouvée enfermée dans les toilettes de son lycée de Northeast (Philadelphie) et violemment agressée par des lycéennes. Le groupe a continué de s'acharner sur Mia même après qu'elle eut perdu connaissance. Histoire de pousser l'humiliation à son paroxysme, les auteures de l'attaque ont publié la vidéo de cette agression sur internet, ajoutant des commentaires moqueurs à l'égard de leur victime.

Au lieu de se laisser détruire et de faire en sorte de faire disparaître ces images, Mia a décidé de leur donner encore plus de visibilité, explique le «New York Daily News». Elle a repris la vidéo de son agression et l'a accompagnée d'une voix-off qui explique le déroulement des faits et leurs conséquences. «Cela ne va pas. J'ai été attaquée par quatre filles plus grandes que moi, juste parce qu'elles ne m'aimaient pas. J'ai été physiquement et émotionnellement torturée», s'insurge Mia.

«Je refuse d'être prise en otage par cette vidéo»

Dans sa vidéo, l'adolescente dénonce le manque de réaction de son école, qui a estimé que la vidéo ne constituait pas une preuve suffisante pour sanctionner ces personnes. «Ma question est: et mon témoignage alors? Et pourquoi le harcèlement n'est-il pas considéré comme un acte criminel? Je refuse d'être prise en otage par cette vidéo et par ma peur. Je ne serai pas une victime», assure la lycéenne. La jeune Américaine explique qu'en attendant que des mesures soient prises pour faire cesser le harcèlement scolaire elle postera chaque jour ces images sur les réseaux sociaux. Son appel a été largement entendu par les internautes, qui l'ont visionné plus d'un million de fois. Sur Twitter, le hashtag #TeamMia a été créé en soutien à la victime.

«Ces filles veulent être célèbres sur les réseaux sociaux parce qu'elles frappent des autres filles. Rendons-les célèbres pour leur lâcheté», a écrit la maman de Mia. Depuis que cette agression est devenue virale, les quatre ados ont finalement été renvoyées de leur école. L'une d'entre elles a été arrêtée pour voie de fait. La commission scolaire de Philadelphie a cependant estimé que ces images ne montraient pas un cas de harcèlement. «Nous ne définirions pas cela comme du harcèlement, mais plutôt comme une dispute de voisinage qui s'est propagée au bâtiment scolaire», a déclaré le porte-parole, Raven Hill, à Action News.

Nombreux témoignages sur Facebook

L'une des quatre lycéennes apparaissant dans le clip a reproché à Mia de n'avoir diffusé qu'une partie des images. «Pourquoi n'a-t-elle pas ajouté les parties où elle me menaçait? Ou quand elle riait et qu'elle me provoquait pour que je la frappe?», a-t-elle demandé, assurant que Mia était la harceleuse, et non le contraire. Depuis cette affaire, Mia a changé d'école. Elle espère que la médiatisation de son histoire pourra aider d'autres victimes ayant subi le même genre d'agression. «Beaucoup de gens m'ont écrit sur Facebook, j'ai l'impression d'avoir pu en aider beaucoup depuis le peu de temps que ma vidéo a été publiée», se félicite-t-elle.

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