Actualisé 25.04.2019 à 14:54

Administration

La Ville de Bienne veut plus de cadres romands

Au sein de l'administration municipale, les francophones représentent 40% des employés. Mais au niveau des cadres, ce taux chute à 31%.

La Ville de Bienne se targue d'être bilingue.

La Ville de Bienne se targue d'être bilingue.

Keystone

Le Conseil municipal de Bienne veut augmenter la présence des francophones aux postes clés de la ville. D'ici fin 2024, l'administration biennoise devra compter au moins 45% de cadres francophones. Aujourd'hui, ce pourcentage s'élève à 31%.

Au sein de l'administration municipale biennoise, les francophones représentent actuellement 40% de l'ensemble des employés. Mais au niveau des cadres, soit 90 postes ayant une fonction de conduite, ce pourcentage chute à 31% alors que la population biennoise comptait 43% de francophones en 2018.

«Il y a un écart qui ne peut pas être accepté», a souligné jeudi le maire de Bienne Erich Fehr. Pour l'élu, le moment est bien choisi pour agir, la langue française étant en progression dans la plus grande ville bilingue de Suisse. «Depuis huit ans, la proportion de Romands est en hausse», a précisé Erich Fehr.

Répartition linguistique à tous les niveaux

Pour le Conseil municipal, le bilinguisme de la Ville de Bienne ne peut «réellement» exister que s'il y a une répartition linguistique des collaborateurs à tous les niveaux hiérarchiques. Il estime que le fait de maîtriser l'autre langue ne suffit pas: le bilinguisme est le résultat de différences culturelles qui se complètent.

Plusieurs causes expliquent ce taux inférieur de cadres de langue française. L'usage du suisse-allemand comme langue de travail au sein de l'administration reste un obstacle de taille pour tous les francophones qui apprennent l'allemand standard à l'école. Des jeunes francophones biennois quittent aussi la région pour leurs études et ne reviennent pas.

Sélection des candidats

Pour atteindre cet objectif de 45% en 2024, la ville va procéder à des changements dans le processus de recrutement des cadres de manière à susciter plus de candidatures francophones. Elle veut aussi faire en sorte que celles-ci soient mieux prises en compte.

Pour le groupe de travail mis en place par le Conseil municipal, il est clair que si le taux d'engagement de cadres francophones est actuellement bas, c'est que souvent les candidatures intéressantes ne passent pas toutes les étapes du processus d'engagement.

«Si on cherche un ou une francophone, on le ou la trouve», a assuré le vice-chancelier et membre du groupe de travail Julien Steiner. Des mesures peuvent être prises pour favoriser l'engagement de cadres francophones.

Il est par exemple proposé qu'au minimum un francophone siège dans le comité de sélection faisant passer les entretiens. Le texte d'une annonce pourrait aussi être complété par une phrase qui stipule que les candidatures d'une certaine langue seront privilégiées.

Parité hommes-femmes

Dans le même laps de temps, le Conseil municipal a aussi décidé de s'engager en faveur de la parité hommes-femmes parmi les cadres. Actuellement, le taux de femmes cadres s'élève à 40%. La parité devrait être atteinte d'ici fin 2024 et ainsi être représentative de la population. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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