Actualisé 22.06.2015 à 17:45

GenèveLa Ville de Genève demande au canton d'agir

L'occupation de la Maison des arts du Grütli par des requérants d'asile qui refusent d'être transférés dans des abris souterrains commence à empoisonner sérieusement les relations entre la Ville et le canton.

Dans un communiqué diffusé lundi, l'exécutif de la Ville de Genève déplore que le Conseil d'Etat n'assume pas ses responsabilités en matière d'hébergement des requérants d'asile. Il rappelle que le Grütli est un lieu inadapté par sa nature à l'accueil de personnes durant la nuit.

L'inaction du Conseil d'Etat est scandaleuse, a fait savoir le conseiller administratif responsable de la culture Sami Kanaan, lors d'une séance du Conseil municipal de la Ville de Genève, lundi soir. L'accueil et l'hébergement des requérants d'asile incombent au canton, a pour sa part souligné la maire de Genève, Esther Alder.

«Nous avons été mis devant le fait accompli», a-t-elle ajouté en parlant de l'occupation du Grütli depuis une semaine par des requérants d'asile déboutés. La municipalité peut faire des efforts pour accompagner les autorités cantonales dans la recherche d'une solution, mais en aucun cas elle ne veut se substituer à l'Etat.

Rendez-vous demandé

Pour avancer dans ce dossier qui s'enlise, la Ville de Genève demande formellement la tenue d'une séance tripartie entre le Conseil d'Etat, l'exécutif municipal et le collectif de soutien aux requérants d'asile qui sont touchés par ces transferts dans des abris de la protection civile.

Le collectif «No Bunkers» a indiqué lundi que le Conseil d'Etat lui avait proposé une entrevue mardi. Il a réaffirmé sa détermination à trouver un hébergement satisfaisant pour les migrants. La Maison des arts du Grütli est occupée depuis une semaine par une trentaine de requérants d'asile déboutés.

Face à l'afflux programmé de réfugiés, l'Hospice général, qui s'occupe à Genève des requérants d'asile, a été contraint récemment d'ouvrir deux abris PC. Il veut y transférer des hommes célibataires qui logeaient jusqu'à présent au foyer des Tattes, afin de faire de la place à des familles fuyant la guerre et les persécutions.

La Ville avait proposé la semaine passée de reloger temporairement les occupants du Grütli au Seujet, dans un espace voué à être rénové. Cette solution a cependant été rejetée par le collectif, car il n'y avait pas de douches. L'hébergement dans une salle de sport a quant à lui été refusé par le canton, pour des raisons de sécurité. (ats)

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