Genève: «La ville est à vous» est à la croisée des chemins

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Genève«La ville est à vous» est à la croisée des chemins

Les fêtes de rues avec leurs vide-greniers géants plaisent, mais les contraintes augmentent. Une étude réclame davantage de moyens.

par
David Ramseyer
photo: Kein Anbieter/Ville de Genève

Le succès est au rendez-vous pour «La ville est à vous» depuis sa création en 2004. La manifestation, qui allie vide-greniers et fêtes de rues, attire des dizaines de milliers de personnes (ndlr; 230'000 sur 11 weekends cette année, selon la Ville de Genève). Elle fédère et dynamise les quartiers. Mais elle est aujourd'hui à un tournant: soit elle grandit, soit elle stagne au risque de ne plus répondre aux attentes et d'y perdre un peu de son âme, s'inquiètent les autorités municipales.

Budget à revoir

«Si on veut maintenir la qualité du projet tout en répondant aux exigences de plus en plus importantes des règles sanitaires ou de prévention des risques, les moyens actuels sont insuffisants», assure la conseillère administrative Sandrine Salerno. La Ville a présenté ce lundi les conclusions d'une étude qu'elle a commandée au Laboratoire de sociologie urbaine de l'EPFL.

Celle ci-recommande de faire passer de 16'000 fr. à 20'000 fr. l'enveloppe allouée à chaque comité d'organisation, composé de membres des associations d'habitants. «Cela permettrait par exemple de financer en amont des micro-événements, des soirées par exemple, pour notamment attirer des bénévoles, encourager les projets de chacun et mieux se préparer», explique Lucien Delley, l'un des auteurs du rapport de l'EPFL.

La demande est en hausse

Autre suggestion, si la hausse de budget est acceptée: limiter à 15 par an les manifestations de «La ville est à vous» et mieux répartir les dates, afin de ne pas créer de surcharges. Il y en a eu 11 fêtes de rue cette année, mais le nombre de quartiers qui souhaitent en organiser ne cesse d'augmenter.

La Ville, elle, souhaite la création d'un nouveau poste à 60% dédié à la manifestation, en plus des deux postes pleins déjà existants. Ce service municipal est chargé d'épauler les organisateurs dans la mise sur pied des fêtes de rues et de vide-greniers.

Au Conseil municipal de jouer

Il y a un risque «d'étouffement de la manifestation», conclut Luca Pattaroni, co-auteur du rapport. Au vu des contraintes administratives actuelles, il faudrait selon lui quasi professionnaliser les organisateurs. Ce qui irait alors à l'encontre de l'esprit de «La ville est à vous», basé sur l'initiative citoyenne.

L'étude de l'EPFL et ses conclusions - que le Conseil administratif a fait siennes - vont être présentées à la commission des finances du Conseil municipal de la Ville. En tout, une rallonge budgétaire de 150'000 fr. et un poste à temps partiel sont demandés. Et si c'est non? «Il faudra limiter à 9 le nombre de fêtes», affirme Sandrine Salerno. Un retour en arrière qui ne correspond pas aux attentes des habitants, selon la magistrate.

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