Genève: La Ville fêtera le 1er Août malgré le réveil du Covid-19
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GenèveLa Ville fêtera le 1er Août malgré le réveil du Covid-19

Alors que le Canton renforce les mesures contre la pandémie, la Municipalité a décidé de maintenir les festivités, samedi. Un dispositif spécial est prévu.

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Leïla Hussein/mpo
Comme c’est le cas depuis plusieurs années, en 2018, la fête nationale suisse s’est tenue mercredi 1er août au parc La Grange à Genève.

Comme c’est le cas depuis plusieurs années, en 2018, la fête nationale suisse s’est tenue mercredi 1er août au parc La Grange à Genève.

KEYSTONE/Martial Trezzini

«Le pays a été mis à rude épreuve ces derniers mois, il est d’autant plus important de marquer le lien confédéral en cette période.» Le ton est donné. Pour le maire de Genève, Sami Kanaan, pas question de renoncer aux festivités du 1er Août. Et ce, alors que le Canton a annoncé vendredi dernier un renforcement des restrictions à la suite d’une hausse des cas de coronavirus. Le port du masque sera notamment obligatoire dans tous les commerces, dès mardi. «La première chose que nous avons faite après l’annonce de ces nouvelles mesures a été d’examiner si elles changeaient quelque chose pour nous, et ce n’est pas le cas», relativise le maire. Lequel précise que des dispositions spéciales étaient déjà prévues pour répondre aux mesures sanitaires.

Inscriptions ou port du masque obligatoires

Exit, donc, la formule habituelle sur un seul site. Cette année, la Ville a opté pour une fête nationale décentralisée qui se tiendra dans huit lieux différents, principalement en extérieur. «De cette manière, on peut mieux répartir le flux de personnes», détaille Sami Kanaan.

Dans deux endroits, il faudra s’inscrire à l’avance pour assurer le traçage. Dans les autres lieux, le port du masque sera obligatoire. Et partout, la capacité d’accueil sera limitée à 300 personnes. Les organisateurs vont également faire l’impasse sur la restauration, jugée trop risquée.

Redonner du travail aux artistes

L’art de rue sera à l’honneur cette année avec de nombreuses animations prévues. Une organisation qui n’a pas toujours été simple. «Certains artistes craignaient d’être en contact avec du monde, confie Antoine Frammery, coprogrammateur. Il a fallu les rassurer, en leur expliquant les différentes mesures mises en place.»

Malgré quelques inquiétudes, les artistes ont pour la plupart accueilli avec enthousiasme cette manifestation. Et c’est tant mieux, car cet événement, c’est aussi pour eux que le maire a décidé de le maintenir. «Cette fête c’est un moyen de donner du travail aux acteurs et actrices de la vie culturelle. Une manière de compenser les mois d’inactivité. La culture est l’un des domaines qui ont été les plus touchés, et aujourd’hui encore on ne sait pas exactement sous quelle forme elle va reprendre. Alors cet été, c’est un peu notre laboratoire.»

«Je n’ai pas peur du Covid, j’ai peur de l’orage»

Autre raison qui a poussé la Ville a organisé les festivités du 1er Août malgré la hausse des cas de Covid-19: soutenir la population en cette période difficile. «Les gens restent davantage à Genève cet été. On sent bien qu’ils ont besoin de moments de partage et de convivialité», analyse Sami Kanaan. Pour le maire, il est donc essentiel d’élargir l’offre culturelle et sportive en ce moment.

À J-5 de la manifestation, le coronavirus hante-t-il les pensées des organisateurs? Pas vraiment, souligne Sebastiano Marras, coordinateur général de l’événement: «Je n’ai pas peur du Covid, j’ai peur de l’orage.»

Annulations en cascade

Les collectivités publiques romandes ont diversement réagi aux risques liés à l’organisation de la fête du 1er Août. Certaines villes ont tout simplement annulé les célébrations publiques, à l’image de Nyon, Bulle, Renens ou Delémont. La plupart ont néanmoins maintenu une partie des festivités, celles supposées attirer le moins de monde dans un lieu donné, afin d’éviter les trop grands rassemblements. Ainsi, les associations d’habitants de Neuchâtel ont été invitées à organiser des manifestations de quartier, sans leur donner trop de visibilité. Le grand feu d’artifice n’illuminera pas le ciel. À Sion ou Fribourg, c’est le parti inverse qui a été choisi: pas de rassemblements de prévus avec tentes et stands de boissons et nourriture, mais les feux seront bel et bien tirés. Lausanne a, quant à elle, privilégié la célébration institutionnelle: les habitants qui le désirent peuvent s’inscrire afin d’assister au discours du syndic et de son invitée, la présidente de la Confédération, la socialiste Simonetta Sommaruga.

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