Actualisé 24.03.2015 à 18:15

Genève

La Ville ne veut pas payer pour le reste du canton

La Ville de Genève, qui consacre 110 à 120 millions de francs de son budget à des prestations qui bénéficient au reste du canton, exige que ce montant soit pris en compte dans le cadre de réformes.

En tant que ville-centre, Genève assure des prestations dans les domaines de la culture, du sport, des routes, des parcs, des transports, de la sécurité et du social qui sont utilisées par les habitants de toute la région. Le Grand Théâtre, dont 64% des spectateurs n'habitent pas en ville, est cité en exemple.

La municipalité exige que ce montant soit pris en compte dans le cadre des réformes de la péréquation intercommunale et de la répartition des tâches entre canton et communes.

Pas assez de compensations

Selon l'étude, l'estimation finale des charges supportées par la Ville de Genève en tant que ville-centre se situe entre 180 et 200 millions de francs. Ce calcul se veut prudent, a souligné devant la presse Félix Walter, de la société Ecoplan. Cette facture est toutefois loin d'être compensée par les collectivités voisines.

Selon l'étude, la Ville de Genève dépense chaque année entre 110 à 120 millions de francs qui bénéficient directement aux autres communes genevoises. Or elle ne perçoit que 13 millions de francs à travers la péréquation financière intercommunale. Avec le canton de Vaud, il n'existe même aucune compensation.

En revanche, la Ville de Genève retrouve ses billes avec la France voisine, grâce à l'imposition à la source des travailleurs frontaliers. La municipalité espère que cette étude d'Ecoplan va servir de base pour des discussions avec le canton et les autres communes en matière de fiscalité et de répartition des tâches.

Ni riche ni profiteuse

Il est important que l'on reconnaisse à la Ville de Genève son rôle de ville-centre, a fait savoir la conseillère administrative Sandrine Salerno, responsable des finances municipales. Selon elle, l'étude d'Ecoplan «casse l'image d'une Ville de Genève riche et profiteuse», qui aspire l'argent des autres communes.

Le maire de la Ville de Genève Sami Kanaan a pour sa part souligné le sérieux de la société Ecoplan, qui a déjà mené des études semblables pour des villes en Suisse alémanique. Le magistrat a aussi rappelé qu'aussi bien Zurich que Berne avaient trouvé des solutions pour compenser leur rôle de centre.

Rééquilibrer les coûts

A Zurich, le système fonctionne et les cantons riverains apportent leurs contributions. Ce modèle fait rêver l'exécutif de la Ville de Genève. «Nous voulons inciter l'Etat de Genève à discuter avec le canton de Vaud» pour essayer de négocier un accord, ont indiqué Mme Salerno et M.Kanaan.

Cette étude va faire bouger les fronts dans les discussions avec l'Etat de Genève et les autres collectivités genevoises, a estimé M.Kanaan. Il existe des communes genevoises richissimes qui continuent de thésauriser, a rappelé le magistrat. «L'enjeu vaudois» est aussi très important aux yeux de la Ville de Genève. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!