Syrie: La ville rebelle de Rastane sous les bombes
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SyrieLa ville rebelle de Rastane sous les bombes

L'armée syrienne a pilonné mercredi la ville rebelle de Rastane faisant au moins 6 morts. Les troupes syriennes libres ont de leur côté nié toute implication dans l'enlèvement de pèlerins libanais.

Les troupes pro-Assad ont bombardé la ville de Rastane au centre de la Syrie.

Les troupes pro-Assad ont bombardé la ville de Rastane au centre de la Syrie.

Les troupes gouvernementales syriennes ont bombardé sans relâche mercredi la ville de Rastane (centre), a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les violences ont fait au moins douze morts à travers le pays, malgré les observateurs internationaux.

La ville de Rastane, encerclée par l'armée et presque vidée de ses habitants, échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales. Elle abrite un grand nombre de hauts gradés rebelles qui la défendent farouchement.

Le bombardement a été suivi de combats entre déserteurs et soldats dont une quinzaine ont tenté de pénétrer dans la ville. Les forces fidèles au président Bachar al-Assad ont essayé à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre. Le 14 mai, 23 soldats ont été tués lors d'une tentative d'assaut.

Militaires visés à Damas

«L'armée syrienne libre (ASL) contrôle les entrées de Rastane», a affirmé mercredi via skype le militant Abou Rawane, faisant état de déploiements de forces régulières.

A Damas, trois personnes ont été tuées par l'explosion d'une bombe visant un bus sur la route de l'aéroport international, a ajouté l'OSDH. Selon des témoins, il s'agissait d'un bus transportant des militaires.

Déployés progressivement dans le pays depuis la fin avril, les observateurs de l'ONU, actuellement au nombre de quelque 270, ne parviennent pas à faire respecter la trêve préconisée par le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, quotidiennement violée depuis le 12 avril.

Plus de 12'600 personnes, en majorité des civils, ont été tuées depuis le début de la révolte en Syrie dont 1500 depuis l'instauration du cessez-le-feu, selon l'OSDH.

Pèlerins libanais enlevés

L'ASL a par ailleurs nié toute responsabilité dans le rapt mardi de pèlerins chiites libanais dans la région d'Alep dans le nord de la Syrie. «Nous condamnons cet enlèvement (..) qui est sans doute l'oeuvre du régime qui veut semer le chaos dans la région», a indiqué le général Moustapha Al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'ASL.

Le Conseil national syrien, principale instance de l'opposition, soupçonne également le régime de Bachar al-Assad d'être derrière l'enlèvement «pour créer des troubles au Liban, un pays frère qui accueille les réfugiés, les blessés et les persécutés du peuple syrien».

Les Libanais sont divisés entre pro et antisyriens, et les autorités syriennes sont de plus en plus irritées par le soutien apporté aux rebelles syriens dans le nord du Liban.

Depuis quelques jours, les violences en Syrie ont réveillé au Liban les affres des tensions intercommunautaires. Neuf personnes ont notamment été tuées la semaine dernière à Tripoli au cours d'affrontements entres sunnites et alaouites.

Pénurie de dérivés pétroliers

Sur le plan intérieur, le ministre syrien du Pétrole a accusé l'Union européenne et les Etats-Unis d'être à l'origine d'une pénurie en dérivés pétroliers en Syrie, et de vouloir «faire pression sur le peuple syrien en élargissant l'embargo».

«Le secteur pétrolier a perdu près de 4 milliards de dollars à cause des sanctions européennes et américaines injustes, empêchant l'exportation et l'importation de pétrole et de dérivés pétroliers», a déclaré Soufiane Allaou.

Il a révélé l'arrivée lundi en Syrie d'un navire vénézuélien transportant 35'000 tonnes de mazout, et de négociations en cours à Moscou «pour l'importation de mazout et de gaz domestique en Syrie».

Le sort du beau-frère du président Assad et vice-ministre de la Défense, Assef Shawkat, faisait lui mercredi l'objet d'intenses spéculations à la suite d'informations de militants anti-régime sur son «assassinat» et son «enterrement» dans son village. M. Shawkat est considéré comme l'un des personnages les plus honnis par les opposants au sein du régime de M. Assad.

(ats/afp)

La Russie propose des pourparlers à Moscou

La Russie propose d'organiser à Moscou des pourparlers entre le pouvoir et l'opposition syriens sous l'égide de l'ONU, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, dans un entretien dont le texte a été diffusé mercredi par le ministère.

«La Russie a proposé de commencer un tel dialogue à Moscou, compte-tenu des réticences de l'opposition (des représentants de l'opposition à l'étranger, ndlr) à se rendre en Syrie, et du caractère inacceptable pour le pouvoir d'organiser la réunion au Caire sous l'égide de la Ligue arabe», a déclaré M. Bogdanov dans cet entretien.

«Dans notre logique, toutes les questions doivent et peuvent être soulevées au cours d'un large dialogue national entre les Syriens eux-mêmes. Et nous nous félicitons du fait que cette tâche est inscrite avec précision dans les six points du plan de Kofi Annan entériné par le Conseil de sécurité de l'ONU» a-t-il ajouté, dans cet entretien à paraître dans la revue russe VIP-Premier. «Bachar al-Assad a chargé un responsable politique important - le vice-président Farouk al-Chareh - de mener ce dialogue», a-t-il dit.

«Les délégués de différents groupes d'opposition devaient se retrouver les 16-17 mai au Caire pour se mettre d'accord sur un programme commun et régler des questions d'organisation. Mais le forum est reporté à une date indéterminée, notamment à la demande du Conseil national syrien», a rappelé M. Bogdanov.

La Russie, principal soutien jusqu'à présent du régime syrien, a mis son veto à deux reprises à des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qui condamnaient la répression sanglante en cours depuis plus d'un an en Syrie d'un mouvement de contestation.

Moscou maintient que la seule issue possible est un «dialogue» entre Syriens, et accuse régulièrement l'opposition radicale et ses soutiens étrangers de chercher à faire capoter le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan.

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