Actualisé 22.07.2019 à 10:43

Genève

La Ville soupçonnée d'abattre trop d'arbres

Le nombre d'abattages bat record sur record ces derniers mois à Genève. La Municipalité se justifie.

de
Lucie Fehlbaum
En octobre 2016, la ville de Genève avait fait abattre 34 arbres malades situés sur la plaine de Plainpalais.

En octobre 2016, la ville de Genève avait fait abattre 34 arbres malades situés sur la plaine de Plainpalais.

Keystone/Martial Trezzini

La Ville serait-elle hypocrite dans sa gestion des espaces verts? Au début du mois, elle tirait la sonnette d'alarme quant à l'asphyxie de certains quartiers, dévoilant au passage son Plan stratégique de végétalisation (PSV). Ce gros chantier demandera 100 millions de francs d'investissements d'ici 2030 et vise à verdir, fleurir et planter des arbres à travers son territoire. Or Guilhem Tardy, fondateur de PilierPublic.com, attire l'attention sur une quantité record d'arbres abattus cette année. «2019 se démarque clairement des années précédentes, s'étonne celui qui a créé un outil pour simplifier la lecture de la «Feuille d'avis officielle» (FAO). Depuis janvier, les records s'enchaînent. En mai, par exemple, 42 avis ont été émis par la ville de Genève. C'est historique depuis qu'elle publie ces informations dans la FAO.»

Espèces du sud

Guilhem Tardy calcule une fourchette de 600 à 1200 végétaux supprimés en un an, soit entre trois et six arbres coupés à chaque avis publié. Il y en a eu 212 en douze mois. La Ville, qui cherche à tout prix à replanter, fait-elle preuve d'incohérence? En réalité, tout est question de réchauffement et d'essence d'arbres. «Il ne faut pas confondre la gestion courante des arbres et l'agenda de plantation, précise Daniel Oertli, chef du Service des espaces à la Ville. Notre mission est aussi d'abattre les arbres dangereux. La sécheresse leur cause de nombreux problèmes. Ils dépérissent et cassent.» Le défi est aussi d'imaginer les températures de la Genève future. «Nos espèces indigènes ne survivent plus, on doit donc replanter des espèces du sud.»

Plantation hivernale

Par ailleurs, chaque arbre coupé doit être replanté. Mais le timing n'est pas forcément immédiat. Les avis d'abattage, publiés par PilierPublic sur sa page Facebook, déchaînent les commentaires de Genevois furieux de vivre près d'un trou, là où se dressait auparavant un végétal. «Nous ne pouvons pas planter n'importe quand, explique Daniel Oertli. On enlève au moment où l'arbre pose problème, mais le semis se fait de novembre à début avril. Il faut donc parfois attendre.»

Pétition pour les arbres des Vernets

Une pétition en ligne vient d'être lancée pour contester l'abattage de 91 arbres sur le site des Vernets, rapporte la "Tribune de Genève". Il est prévu de couper ces tilleuls et ces peupliers en vue de la construction de 1500 logements. 141 végétaux devraient néanmoins être replantés. La fronde émane des associations Sauvegarde de Genève et Contre l'enlaidissement de Genève, qui ont déjà lancé plusieurs référendums contre des projets immobiliers. Le Canton, selon ses propres chiffres, délivre environ 2000 autorisations d'abattage par an, dont 400 en lien avec des projets de construction.

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