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Plan climatLausanne veut se passer de la voiture d’ici dix ans

La Municipalité a présenté son plan pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et ainsi lutter contre le réchauffement climatique. La mobilité et la rénovation des bâtiments en sont les axes principaux.

par
Pauline Rumpf/frb
Des kilomètres parcourus à vélos multipliés par 7 d’ici à 2030: c’est le souhait des autorités lausannoises.

Des kilomètres parcourus à vélos multipliés par 7 d’ici à 2030: c’est le souhait des autorités lausannoises.

Lausanne

Près d’un quart des émissions directes des Lausannois concernent la mobilité. Ennemi public No 1, donc, la voiture. «On ne veut plus aucun véhicule thermique sur le territoire en 2030», a lâché la municipale Florence Germond (soc.). Difficile d’imaginer cette révolution menée à bien d’ici neuf ans, notamment car le droit fédéral actuel empêche de les interdire. Mais les autorités tablent sur une évolution rapide du marché, et appellent de leurs voeux un changement législatif, qu’ils envisagent au travers d’un lobbying ferme. «L’accord de Paris, qui exige que nous limitions le réchauffement à 1,5°, est contraignant pour les gouvernements, a rappelé le syndic Grégoire Junod. Nous espérons que cela pèse sur les décisions.»

L’annonce est aussi un signal: la vie d’automobiliste sera moins attractive, avec de moins en moins de places de parc et davantage de voies pour piétons, vélos et transports publics sur les routes. Ces derniers seront gratuits pour les bénéficiaires de prestations complémentaires et à moitié prix pour les retraités et les jeunes en formation.

Décarboner et rénover

Second ennemi à éliminer: le carbone. L’électricité produite et consommée en ville et par la Ville devra devenir propre, avec le développement du solaire et de l’éolien ainsi que la généralisation du chauffage à distance, notamment grâce aux déchets. Il faudra aussi en consommer moins: la rénovation énergétique doit s’accélérer, passant de 1 à 3,3% par an, quitte à taxer les propriétaires de bâtiments non conformes. L’administration communale devra montrer l’exemple avec ses propres locaux ainsi que ses écoles. Ceci devrait faire baisser l’empreinte carbone du patrimoine bâti d’environ 60%.

Préparer la ville aux changements

Visuellement, la Ville devrait également passablement se «verdir». Face à l’intensification des fortes chaleurs et des pluies diluviennes à venir, la Municipalité prévoit de doubler la surface arborisée de la commune, tout en privilégiant autant que possible les implantations en pleine terre. Objectif: assainir les sols pour les rendre plus perméables et éviter les inondations. Le réseau d’eau sera également renforcé. Autrefois menacée, la forêt du Flon semble désormais digne de protection comme rempart à la chaleur.

En mettant en œuvre ce plan, le zéro carbone direct pourrait être atteint en 2050 à Lausanne. Mais le chemin est encore long. En 2019, les émissions totales de la ville s’élevaient à 13.9 tonnes de CO2 équivalent par habitant.

Le PLR a réagi, jugeant l’Exécutif trop ambitieux par rapport à ses moyens financiers, et trop peu incitatif dans les mesures permettant d’atteindre les objectifs annoncés. Les Verts le rejoignent sur ce point, tandis que les socialistes saluent le plan de la Municipalité.

Émissions indirectes un peu oubliées

Alors que la consommation représente plus de la moitié des émissions totales des Lausannois, elle est la grande oubliée du plan climat de la capitale vaudoise. Au contraire de la vision de la Grève du climat, qui proposait vendredi un frein via l’interdiction de la publicité, Lausanne s’intéresse peu à la pollution indirecte.

L’alimentation, elle non plus, n’est pas vraiment abordée, à part l’idée de servir un peu moins de viande dans les cantines scolaires. Question nourriture locale, quelques structures d’agriculture urbaine sont déjà sur pied, mais surtout à titre de sensibilisation.

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609 commentaires
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Kikoolol

15.01.2021 à 00:27

Mais oui cause toujours, la ville de Lausanne compte 4’500 véhicules de fonction. Remplacer une Ford fiesta par un Renault Kangoo électrique c’est encore faisable. En revanche quand un camion électrique avoisine les 500’000.- et lorsqu’on voit la quantité qu’il y en a avec une ville qui pèse 2 milliards de déficit j’aimerai savoir d’où sortiront-ils l’argent?! De la parole aux actes ce n’est pas pour demain.

sortirlefascismevert

15.01.2021 à 00:12

Referendum. sortir de acccord de paris

Tell se tourne dans la fosse

15.01.2021 à 00:03

il faut des referendum pour sortir de accord de paris. Il faut se reveiller. Expropriation,surveillance,taxation,dictature,ca ce politique de climat. Le vert e la gauche ont trahir le travailleur le moment qui ils ont decide de sacrifier sa liberte,de le taxe,exproprier pour du temps froid. Excusez mon francais