Actualisé 20.08.2019 à 21:25

LucerneLa Ville veut serrer la vis à AirBnB et compagnie

La Municipalité va étudier les moyens à sa disposition pour éviter que des habitations soient transformées en surfaces utilisées uniquement à but touristique ou commercial.

A Lucerne, certains militent pour que les logements de la ville restent des habitations, et non des gîtes touristiques.

A Lucerne, certains militent pour que les logements de la ville restent des habitations, et non des gîtes touristiques.

PS_Luzern

Pour protéger le parc immobilier, l'exécutif de la ville de Lucerne veut mieux réguler les plates-formes de location communautaires de type AirBnb ou HomeAway. Il veut limiter les logements qui ne sont utilisés que dans un but commercial ou touristique.

La Municipalité examine s'il est possible d'adapter son règlement sur les constructions et plans de zones en ce sens, a-t-elle écrit mardi dans un rapport rédigé en réaction à une intervention du PS au parlement. La transformation permanente d'une habitation principale en résidence secondaire vouée à la location touristique ne devrait plus être possible sans restrictions.

Pour l'exécutif, les plates-formes comme AirBnb se sont éloignées de leur idée initiale, à savoir permettre à des particuliers de louer leur appartement pendant leur absence. Sur les 599 offres existantes sur AirBnb et HomeAway pour Lucerne, 292 sont louées par des professionnels, rapportent les autorités.

Revenir à «l'économie de partage»

Ce chiffre est à mettre en rapport avec le nombre de logements que compte la ville, qui étaient 46'000 en 2017. L'objectif n'est pas d'empêcher les privés de mettre leur appartement à disposition dans ce que l'on appelle «l'économie de partage», mais bien que des habitations soient entièrement consacrées à cette fin.

A Lucerne, toute personne qui héberge des voyageurs contre de l'argent est censée payer une taxe de séjour de 2,80 francs par personne et par nuit et déclarer ces revenus. Il faut aussi remplir une déclaration qui doit être tenue à disposition de la police durant cinq ans.

AirBnb et les autres sites du même type suscitent une résistance croissante des villes et de l'hôtellerie. Les premières veulent éviter une flambée des loyers et la raréfaction de l'offre de logements, tandis que les hôteliers y voient une concurrence déloyale.

Accords avec certains cantons

En Suisse alémanique, AirBnb a déjà conclu des accords avec plusieurs cantons, dont Bâle-Campagne, Zoug et Zurich, portant sur un prélèvement et une redistribution automatique des taxes de séjour. L'an dernier, la société californienne a permis à environ 900'000 personnes de réserver un logement sur le territoire helvétique.

La volonté de mettre de l'ordre à Lucerne intervient alors que la ville cherche actuellement les moyens de réduire l'impact du tourisme sur les habitants. La Municipalité est par exemple ouverte à l'introduction d'une taxe pour les cars de touristes s'arrêtant dans le centre. Chaque année, 9,4 millions de personnes visitent Lucerne, soit plus de 25'000 par jour, selon la HES de Lucerne. (ats)

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