Actualisé 12.10.2016 à 07:34

Rio de Janeiro

La violence a repris dans les favelas «pacifiées»

La pause aura été brève, le temps d'une trêve olympique. Des dealers et des policiers ont échangé des tirs en zone touristique.

La plage de Copacabana.

La plage de Copacabana.

photo: Reuters/Archives

Après des JO sans incidents majeurs, la violence a refait son apparition dans les favelas «pacifiées» de Rio, à l'instar des échanges de tirs lundi entre policiers et trafiquants en pleine zone touristique.

Dans l'une des favelas qui surplombent les quartiers de Copacabana et d'Ipanema, ces affrontements armés ont semé la panique dans une zone où en août les athlètes olympiques se promenaient tranquillement.

Les violences, qui ont commencé quand des délinquants ont attaqué une Unité de police pacificatrice (UPP) dans la favela Pavao-Pavazinho, se sont soldées par trois morts, tous des délinquants, et cinq blessés dont trois policiers.

Symbole

«Ce n'est pas la première fois qu'il y a une explosion de violence à Rio mais ce qui s'est passé (lundi) est symbolique et attire l'attention car cela se passe dans la zone touristique», a déclaré Ignacio Cano, expert en violence à l'Université de Rio (Uerj).

Mégapole de 6,5 millions d'habitants aux très fortes disparités sociales, Rio de Janeiro est confrontée à une criminalité très élevée, alimentée par des gangs de narcotrafiquants lourdement armés. Agressions et vols, souvent accompagnés de violence, y sont monnaie courante mais la crise financière que traverse l'Etat a aggravé la situation, estiment les experts.

«Les trafiquants voulaient que tout soit tranquille pendant les JO parce qu'ils vendaient plus de drogue, mais maintenant la dispute pour les points de vente a repris», estime quant à elle l'anthropologue Alba Zaluar de la Uerj.

Pacification

En vue de la Coupe du monde 2014 et des JO 2016, le gouvernement local a investi depuis 2008 plusieurs favelas qui étaient aux mains des trafiquants de drogue depuis 30 ans: une quarantaine d'UPP ont été installées dans 264 favelas, où vivent plus d'un million et demi de personnes. Près de 10'000 policiers ont été déployés dans ces territoires où les taux d'homicides ont nettement baissé.

Mais les narcotrafiquants cherchent à reprendre le contrôle de certaines de ces favelas. «Le pouvoir des narcotrafiquants à Rio est très grand. Dans les favelas pacifiées, il y a encore des trafiquants», a reconnu lundi le sous-commandant de la police militaire (PM), Vinicius Carvalho, lors d'une conférence de presse. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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