LAUSANNE: La violence conjugale veut frapper les esprits
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LAUSANNELa violence conjugale veut frapper les esprits

Des acteurs ont simulé des disputes au marché samedi. Le but est de sensibiliser à la violence conjugale.

par
Joël Burri

Au stand d'un maraîcher, la discussion s'anime et tout à coup, Madame se prend une gifle. Cette scène s'est répétée plusieurs fois samedi au marché. Si les regards se tournent vers le couple, les badauds n'osent pas intervenir.

Heureusement, il ne s'agissait que de claques de théâtre entre deux comédiens engagés par le service Vifa (violence et famille) dans le cadre d'une campagne de sensibilisation à la violence conjugale. «On sentait un certain malaise parmi les passants, note la comédienne Martine Eichenberger, mais les gens n'osent pas intervenir.» Son collègue Lionel Caille enchaîne: «Les gens font comme s'ils ne voyaient pas. Mais quand je la gifle, je sens que les gens comprennent et sont choqués.»

Faire éclater au grand jour la violence vécue quotidiennement au sein de certains couples est justement l'un des objectifs visés par cette action, qui se répétera plusieurs fois jusqu'aux dix ans de Vifa en novembre.

Le service travaille également avec des adolescents. «Les questions de couple sont aiguës à cet âge-là, même s'ils en parlent difficilement à un adulte», constate Christian Anglada, directeur du Vifa. Il regrette: «D'habitude, les adolescents remettent en question ce que leur transmettent leurs parents. Ce n'est pas le cas en ce qui concerne les relations de couple: les jeunes pensent qu'il est normal qu'un garçon couche avec plusieurs filles, alors qu'une fille avec un tel comportement est qualifiée de «pute». Seule évolution vers plus d'égalité: les filles aussi se mettent à taper leur

partenaire.»

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