Émeutes en Suisse alémanique - La violence des jeunes est en augmentation depuis des années
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Émeutes en Suisse alémaniqueLa violence des jeunes est en augmentation depuis des années

Après avoir été le théâtre d’émeutes, la ville de Saint-Gall a connu une nuit calme de samedi à dimanche. Mais une culture de la violence juvénile se développe en Suisse depuis des années. Le coronavirus accélère la tendance.

La ville de Saint-Gall a été le théâtre d’émeutes durant les 15 derniers jours.

La ville de Saint-Gall a été le théâtre d’émeutes durant les 15 derniers jours.

Lecteur reporter

Qu’est-ce qui ne va pas avec la jeunesse? C’est ce que se demande le «SonntagsBlick», qui revient sur les émeutes qui ont eu lieu à Saint-Gall, le week-end de Pâques et une semaine auparavant. Pour le journal alémanique, la petite ville de Suisse orientale, d’ordinaire si paisible, n'est pas une exception. Ce qu’il s’y passe est l'aboutissement d'un phénomène qui se développe depuis longtemps chez les jeunes: une culture de la violence. Et le coronavirus a été l’élément déclencheur.

Selon un rapport de Dirk Baier, criminologue à la Haute école de sciences appliquées de Zurich, la délinquance juvénile a augmenté d'un tiers dans toute la Suisse depuis 2015. En 2020, les vols qualifiés ont augmenté de 146%, avec 497 inculpations, et la participation à des agressions physiques de 122%, avec 353 inculpations.

Les lésions corporelles simples sont passées de 395 cas en 2015 à 599 en 2020, les menaces et la violence contre les fonctionnaires de 134 cas à 210. 

Et les villes ne sont pas les seules concernées: les régions éloignées des grands centres ne font pas exception.

«L’ennui à la maison»

Le rapport de Dirk Baier montre par ailleurs que le comportement criminel a augmenté davantage chez les adolescents suisses que chez les adolescents issus de l’immigration, bien que le taux de criminalité chez ces derniers reste en général plus élevé.

Les événements de Saint-Gall montrent ce qu'une minorité violente peut faire, quand elle rencontre une foule de jeunes qui «s'ennuient à la maison», relève «SonntagsBlick». L'ennui peut transformer les adolescents en agresseurs. Les émeutes annoncées pour ce week-end n’ont pas eu lieu, mais comme les mesures sanitaires perdurent, le phénomène n’est pas près de disparaître.

Comment soulager les jeunes

Face à cette souffrance, «Le Matin Dimanche» a demandé à quatre jeunes politiciens leurs recettes pour soulager la jeunesse. La Verte vaudoise Léonore Porchet demande une stratégie de tests quotidiens pour que les étudiants puissent suivre les cours en présentiel, ainsi que la création d’un fonds d’aide d’urgence pour les personnes en formation. Le PLR Nicolas Jutzet plaide pour une accélération de la vaccination, tandis que l’UDC saint-gallois Mike Egger appelle à une réouverture rapide. «On ne peut pas continuer comme ça. Que fera-t-on s’il y a une cinquième ou une sixième vague? On doit avoir aujourd’hui une stratégie d’ouverture, avec des mesures pour protéger les plus vulnérables ainsi que des tests aux frontières. Mais il faut redonner des libertés aux gens, dont celle de se faire vacciner.»

Tentatives de suicide en hausse

Au niveau psychique, les jeunes suisses souffrent très fortement des restrictions sanitaires. Les chiffres de l’Hôpital pédiatrique de Zurich sont éloquents: le nombre d’enfants et d’adolescents admis en clinique et ayant fait une tentative de suicide a considérablement augmenté. Selon «NZZ am Sonntag», ils étaient 22 en 2019, contre 49 en 2020.

Une hausse des troubles alimentaires est également palpable et touche, en majorité, des filles. Les garçons, eux, seraient plus enclin à se montrer violents. Autre fait révélateur du problème: il devient très compliqué de trouver des places pour un suivi psychothérapeutique.

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

(Newsdesk)

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