Actualisé 14.10.2015 à 05:24

Proche-Orient

La violence franchit un palier à Jérusalem

Pour la première fois, des Palestiniens ont ouvert le feu dans un bus de Jérusalem, faisant deux morts.

Photo d'illustration.

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Les violences entre Israéliens et Palestiniens ont franchi un nouveau palier mardi à Jérusalem où personne ne semble pouvoir arrêter l'escalade. Trois Israéliens et un des agresseurs y ont été tués dans deux attentats. Un Palestinien a en outre été tué lors de heurts à Bethléem.

Pour la première fois, des Palestiniens ont ouvert le feu dans un bus de Jérusalem, faisant deux morts. Dans une ville déjà à cran, cet attentat ranime le souvenir des Intifadas de 1987 et de 2000, lors desquelles les transports publics étaient une cible privilégiée.

En Cisjordanie occupée, les Palestiniens étaient appelés à «un jour de colère». De nouveaux affrontements ont opposé des centaines de jeunes lanceurs de pierres et les soldats israéliens à Bet El, près de Ramallah, à Qalandiya et à Bethléem où un Palestinien de 28 ans et originaire du camp de réfugiés de Dheicheh, a été tué.

Dans la bande de Gaza, un millier de jeunes ont lancé des pierres et des engins incendiaires contre le point de passage d'Erez, sorte de forteresse israélienne dans la barrière de sécurité qui enferme la bande de Gaza.

Neuf jeunes Palestiniens y avaient été tués par des tirs israéliens vendredi et samedi lors de heurts similaires. Au moins 15 Palestiniens ont de nouveau été blessés mardi par des tirs israéliens, selon les secours palestiniens.

Tous les moyens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu'Israël utiliserait «tous les moyens» à sa disposition et allait prendre des «mesures fortes». Devant le Parlement, il a prévenu le président palestinien Mahmoud Abbas qu'Israël le tiendrait pour responsable en cas de nouvelle détérioration de la situation.

De son côté, la direction palestinienne s'est contentée d'annoncer qu'elle allait saisir la justice internationale des conditions dans lesquelles les forces israéliennes ont abattu des auteurs d'attentats présumés. Elle parle d'«exécutions extrajudiciaires».

Cercle vicieux

L'ONU a pour sa part critiqué «l'usage apparemment excessif de la force» par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie. Il a demandé au gouvernement israélien de se pencher sur cette question, estimant qu'elle «contribuait à aggraver la situation, ce qui mène à un cercle vicieux d'effusion de sang inutile».

Jusqu'à présent cependant, les autorités israéliennes et palestiniennes sont impuissantes à stopper un mouvement de jeunes qui semble échapper à tout contrôle et que chaque mort palestinienne semble renforcer. Cette jeunesse en butte aux vexations de l'occupation et de la colonisation, elle laisse exploser une hargne nourrie par les réseaux sociaux.

Au moins l'un des trois Palestiniens auteurs des attentats de mardi à Jérusalem a été tué, les deux autres ont été blessés par balles, a indiqué le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. Ils viennent tous du quartier irréductible de Jabal Mukaber à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, a indiqué la police.

Terreur dans le bus

Dans la matinée, deux Palestiniens, l'un armé d'un pistolet, l'autre de deux couteaux, ont répandu l'effroi sur la ligne de bus 78 dans le quartier juif d'Armon Hanatziv à Jérusalem-Est, a indiqué Micky Rosenfeld, tuant deux personnes et en blessant trois. Un des deux auteurs a été tué, le second blessé par balles par la police.

Quelques minutes plus tard, un Palestinien a foncé avec sa voiture sur des piétons à un arrêt de bus dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem-Ouest, tuant une personne et blessant légèrement une autre. Il est ensuite sorti de sa voiture et a poignardé d'autres passants, avant d'être blessé par balles, selon la police.

Tel-Aviv

Plus tôt dans la matinée, un Palestinien avait fait quatre blessés, dont un grave, à Raanana, au nord de Tel-Aviv, dans une attaque à l'arme blanche dont l'auteur a été maîtrisé, selon la police.

Les violences, qui secouent la Cisjordanie et Jérusalem depuis des mois et qui se sont amplifiées avec l'assassinat de deux colons le 1er octobre en Cisjordanie. Elles ont fait sept morts côté israélien et plus de 25 côté palestinien, dont plusieurs auteurs d'attentat. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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