Actualisé 07.01.2016 à 08:28

«Les 8 salopards»«La violence? Je sais que j'y suis allé plutôt fort»

Avec sa huitième réalisation, «Les 8 salopards», Quentin Tarantino signe le premier film choc de l'année.

par
Laurent Vidal

Le réalisateur de «Reservoir Dogs», «Pulp Fiction» et «Inglourious Basterds» n'a jamais fait dans la dentelle. Il n'a pas changé son fusil d'épaule pour son dernier film.

Pourquoi avoir réalisé «Les 8 salopards» après «Django Unchained»?

Le western est un genre peu traité au cinéma de nos jours, alors que je le trouve particulièrement festif.

Le fait que le scénario a fuité sur internet vous a-t-il gêné?

Ça m'a rendu fou furieux. Et puis, j'ai fini par voir le bon côté des choses. Cela m'a permis de le peaufiner en organisant une lecture publique avec certains des comédiens. Cette expérience me semble avoir enrichi le film, donc je ne regrette rien.

Comment avez-vous choisi vos interprètes?

J'adore écrire pour des acteurs bien particuliers. J'ai écrit pour Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Tim Roth et Michael Madsen, que je connais bien. J'ai aussi pensé rapidement à Jennifer Jason Leigh, qui me semblait idéale pour incarner le mélange de sensualité et de sauvagerie de la prisonnière.

Comment avez-vous dosé la violence dans votre film?

– Je reconnais que j'y suis allé plutôt fort dans la deuxième partie du film, mais rien de tout cela ne doit être pris trop au sérieux. C'est une façon de me réclamer de certains westerns européens que j'adore. C'est aussi pour cette raison que j'étais ravi qu'Ennio Morricone accepte de composer la musique de mon film.

Vous êtes toujours aussi cinéphile?

Absolument. Voir des films me nourrit intellectuellement et me donne un plaisir incomparable. Je pense que j'arrêterai d'aller au cinéma le jour où je serai mort. Mon ambition est de donner au spectateur autant d'excitation que j'en reçois dans les salles de cinéma.

«Les 8 salopards» frise le cabotinage

Le nouveau film de Tarantino est un western qui prend son temps, et le fait sentir. Cela dès la scène d'ouverture, quand un mouvement de caméra dévoile une diligence traversant un paysage balayé par le blizzard. A son bord: une prisonnière que se disputeront tous les hommes du film dans une auberge. Là, tels dix petits nègres, les salopards vont se jauger en palabrant avant de s'entre-tuer. Le résultat est un film de haute volée qui aime à surligner ses coutures. C'est à la fois jouissif et énervant.

- CMA

«Les 8 salopards»

De Quentin Tarantino. Avec Samuel L. Jackson, Tim Roth, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh.

Sortie le 6 janvier 2016

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