Football: La visite de Dachau qui a tout changé pour Leon Goretzka
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FootballLa visite de Dachau qui a tout changé pour Leon Goretzka

Après avoir rencontré une survivante de l’ancien camp de concentration, le milieu de terrain du Bayern n’a pas peur de clamer son opposition à l’extrême droite allemande.

par
Thibaud Oberli
Leon Goretzka qualifie le parti d’extrême droite allemand AfD, de «honte pour l’Allemagne».

Leon Goretzka qualifie le parti d’extrême droite allemand AfD, de «honte pour l’Allemagne».

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Cette année, tout le monde était embarqué dans le même bateau. Pour venir en aide aux personnes dans le besoin, Leon Goretzka et Joshua Kimmich ont lancé le projet «We Kick Corona» lors du premier confinement. Les deux stars du football ont levé plus de 5 millions d’euros dans cet engagement social.

Une expérience particulière pour deux des joueurs les plus titrés d’Allemagne. «C’est un sentiment d’un tout autre niveau que le succès sportif», déclarait le natif de Bochum à Die Welt. Les deux milieux de terrains étaient ravis de voir le monde du sport se mobiliser et défendre les gens de leur propre pays.

Une autre expérience vécue cette année est venue conforter Goretzka dans ses opinions et le bien-fondé de se battre pour une société plus égalitaire. Après avoir visité le camp de concentration de Dachau, l’Allemand a eu le privilège de rencontrer Margot Friedländer, une survivante du même camp. Le sportif s’est entretenu plusieurs heures avec la miraculée de 99 ans, qui a perdu son frère et sa mère à Auschwitz.

«Elle a même amené son étoile juive avec elle. Ce sont des moments où l’on se fige littéralement»

Leon Goretzka

Cette rencontre, il déclare encore en avoir la chair de poule en y repensant. «Elle a même amené son étoile juive avec elle. Ce sont des moments où l’on se fige littéralement», déclarait-il au journal allemand. La conclusion qu’ils tirent ensemble de ce moment est limpide: il faut s’assurer que quelque chose d’aussi terrible ne puisse jamais se reproduire.

Dans un contexte de pandémie tendu, propice aux dissensions, il a décidé de prendre position contre ce qu’il identifie comme une menace: le parti d’extrême droite allemand «Alternative fur Deutschland» ou AfD. Selon lui, la crise actuelle a levé le voile sur ce parti, qui est dirigé par des membres relativisant l’Holocauste et niant aussi l’existence du Covid-19. «Nous ne devons pas tolérer une telle chose, nous ne devons pas écouter, nous ne devons pas détourner le regard. Nous devons prendre une position claire», a-t-il souligné.

«Nous ne devons pas tolérer une telle chose, nous ne devons pas écouter, nous ne devons pas détourner le regard. Nous devons prendre une position claire»

Leon Goretzka

En évoquant ce parti politique aux journalistes de Die Welt, il ne les qualifiait pas comme une alternative pour l’Allemagne, mais comme une honte. Depuis ses prises de position politique, le milieu de terrain est la cible des partisans d’extrême droite, mais il souligne que chaque message d’insulte a comme effet de le conforter dans son engagement.

Pour Leon Goretzka, l’éducation est la clé pour venir à bout du racisme et des discriminations. Mais pour être efficace, il faut qu’elle soit accessible à tous. Il a d’ailleurs une proposition pour le programme, en référence à son propre vécu: «Visiter un ancien camp de concentration devrait faire partie du programme», soutient-il, encore chamboulé par son expérience.

Si certains détracteurs lui assurent que ce rôle politique n’est pas le sien, il répond qu’il ne se considère pas comme un politicien, mais comme un «citoyen normal, qui est concerné». Parce que les footballeurs, comme ils l’ont déjà prouvé à travers l’histoire, ne sont pas là que pour «parler du prochain match».

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