Yémen: La voie se dégage pour des pourparlers de paix
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YémenLa voie se dégage pour des pourparlers de paix

Le processus politique semble prendre le dessus sur la guerre au Yémen.

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Keystone
La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

AFP
La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

AFP

Plusieurs signaux positifs se font jour avant les pourparlers de paix prévus en Suède: l'évacuation de rebelles blessés, un accord pour l'échange de prisonniers et le soutien marqué des Emirats arabes unis, un acteur clé du conflit.

Le médiateur de l'ONU, le Britannique Martin Griffiths, qui se trouvait depuis lundi dans la capitale Sanaa contrôlée par les rebelles Houthis, est parti mardi avec une délégation de ces insurgés pour la Suède, où des représentants du gouvernement yéménite pourraient arriver mercredi. La date du début des pourparlers n'a pas encore été annoncée par l'ONU, mais des sources gouvernementales yéménites parlent de jeudi.

Avant cette échéance, le gouvernement et les rebelles ont signé un accord pour échanger des centaines de prisonniers, a-t-on appris de sources concordantes. Hadi Haig, en charge de la question des détenus au sein du gouvernement yéménite, a déclaré que cet accord concernerait entre 1500 et 2000 membres des forces progouvernementales et entre 1000 et 1500 rebelles Houthis.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a «salué» cet accord conclu sous l'égide de M. Griffiths. «C'est un pas dans la bonne direction pour construire la confiance mutuelle entre les communautés yéménites», a dit à l'AFP une porte-parole du CICR à Sanaa, Mirella Hodeib. Selon Hadi Haig, l'accord sur les prisonniers sera mis en oeuvre après la tenue du round de négociations en Suède.

«Occasion décisive»

De son côté, le gouvernement des Emirats arabes unis, un des piliers avec l'Arabie saoudite d'une coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite, a estimé mardi que les pourparlers prévus en Suède constituaient une chance «décisive» pour mettre fin à un conflit meurtrier qui dure depuis quatre ans. «Nous pensons que la Suède offre une occasion décisive pour s'engager avec succès dans une solution politique pour le Yémen», a déclaré Anwar Gargash, ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères.

L'évacuation lundi vers le sultanat d'Oman de rebelles Houthis blessés au Yémen a ouvert la voie à des négociations en Suède. La question de l'évacuation d'insurgés blessés avait été à l'origine de l'échec de pourparlers en septembre à Genève.

Les Houthis avaient alors accusé l'Arabie saoudite, qui contrôle l'espace aérien yéménite, d'avoir empêché le départ de blessés et de ne pas avoir donné de garanties pour le voyage aller-retour en toute sécurité de la délégation rebelle. Selon Anwar Gargash, l'évacuation lundi de 50 Houthis blessés «démontre une nouvelle fois le soutien apporté à la paix par le gouvernement yéménite et la coalition».

«Une solution durable menée par les Yéménites offre la meilleure chance pour mettre fin à la crise actuelle», a-t-il dit, ajoutant toutefois: «Un Etat stable, important pour la région, ne peut coexister avec des milices illégales».

«Feuille de route réaliste»

M. Gargash a affirmé l'importance de la résolution 2216 (d'avril 2015) du Conseil de sécurité de l'ONU qui souligne la légitimité du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exige le retrait des Houthis des villes et régions qu'ils occupent au Yémen, ainsi que la restitution des armes lourdes, dont les systèmes de missiles. La résolution 2216 offre «une feuille de route réaliste», a estimé le ministre émirati.

Dès lundi, le colonel saoudien Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition antirebelles, avait déclaré que l'autorisation pour l'évacuation de blessés avait été donnée «à la demande» de Martin Griffiths «pour des raisons humanitaires» et comme «mesure destinée à instaurer la confiance» avant les pourparlers prévus en Suède. Il avait aussi souligné que la coalition soutenait les efforts du médiateur de l'ONU «pour parvenir à une solution politique».

La réouverture prochaine de l'aéroport international de Sanaa figure parmi d'autres «mesures de confiance» possibles prochainement, selon des sources politiques yéménites.

«Pression»

Devant la presse à Genève, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) David Beasley a estimé que les faits humanitaires avaient mis la «pression» sur les parties au conflit au Yémen. Les Houthis «sentent peut-être pour la première fois cette pression».

Il a aussi ajouté que l'ONU «préférerait» ne pas avoir à contrôler le fonctionnement du port d'Hodeïda mais qu'elle serait prête à le faire si ce dispositif lui est demandé. Le PAM prépare, notamment avec l'Arabie saoudite ou Oman, des scénarios au cas où l'accès à ce site où arrive 70% de l'assistance humanitaire ne serait plus possible. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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