Nyon (VD) – La ZAD au tribunal: un procès inédit, tendu et politisé

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Nyon (VD)La ZAD au tribunal: un procès inédit, tendu et politisé

Les audiences des deux premiers prévenus ont ouvert une semaine judiciaire haute en couleur autour de l’évacuation de la colline du Mormont.

par
Pauline Rumpf
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Le premier prévenu de la colline du Mormont, l'«Inconnu 003» sort du tribunal après cette première journée de plaidoyer.

Le premier prévenu de la colline du Mormont, l'«Inconnu 003» sort du tribunal après cette première journée de plaidoyer.

20min/Vanessa Lam

«Inconnu 003» ira-t-il en prison? Cinq heures d’une audience fleuve ont été nécessaires pour arriver au bout du cas de ce zadiste, premier des sept prévenus qui comparaîtront cette semaine.

Juger un inconnu, est-ce légal?

Avant de passer au fond, des questions formelles et pourtant essentielles se posaient, à commencer par une bizarrerie: chaque zadiste est jugé séparément. «Ce sont pourtant les même faits et les mêmes mobiles, a critiqué Me Saskia von Fliedner, avocate d’«Inconnu 003». Des jugements contradictoires sont inévitables...» Mais selon le procureur général Eric Cottier, l’inverse aurait été compliqué et trop lent, puisque certaines instructions ne sont pas terminées. «S’il faut rectifier le tir, il y a toujours la possibilité d’un appel», a-t-il rappelé.

Ensuite, il a fallu traiter la validité de l’ordonnance, rendue contre inconnu. Et celle de l’opposition, d’abord anonyme via une procuration à l’avocate. Pour le procureur, impossible d’accepter ceci d’un inconnu; pour l’avocate, c’est une façon de le priver de l’accès au droit. Or, cette question détermine si la violation de domicile doit être classée, éliminant ainsi la case prison, puisqu’Holcim a retiré sa plainte sur le tard. Resterait l’empêchement d’accomplir un acte officiel et l’insoumission à une décision de l’autorité, soit des jours-amende au maximum.

Une question politique

Puis, un volet politique s’est ouvert. Pour la défense, la liberté de manifester pour un but supérieur, que le juge ne conteste pas, justifie l’action pacifique. Pour le Parquet, pas question de parler politique: «tout ce qui compte c’est que soit appliqué le droit de procédure.» Droit qui ne devrait pas primer sur le droit à la vie, mis à mal par le réchauffement climatique, a répondu Me Gaspard Genton. «La ZAD pointait du doigt les problèmes du béton mais aussi du système capitaliste qui est responsable de l’exploitation de la nature», a rappelé le prévenu.

Sur cette plaidoirie, il sera cependant difficile pour la défense de gagner; les précédentes affaires concernant les activistes du climat n’ont pas trouvé grâce aux yeux du Tribunal fédéral, et ce à deux reprises déjà.

Le verdict sera rendu ce lundi. D’ici là, cinq autres prévenus comparaîtront mardi et mercredi, avant des dizaines d’autres en temps voulu.

Retrouvez les moments forts de la mobilisation en vidéo.

20min/Robin Baudraz

Un «contre-procès» à l’extérieur

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