Syrie: Lafarge aurait fait affaire avec l'Etat islamique
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SyrieLafarge aurait fait affaire avec l'Etat islamique

Le cimentier a tenté en 2013 et 2014 de faire fonctionner «coûte que coûte» une usine «au prix d'arrangements inavouables», affirme mardi «Le Monde».

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Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Keystone
Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

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Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

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Une cimenterie du groupe français Lafarge située à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, a payé des taxes à l'organisation Etat islamique (EI) en 2013 et 2014. Ces opérations lui ont permis de continuer à fonctionner pendant la guerre, affirme mardi le quotidien Le Monde. «Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l'opposition Zaman Al-Wasl et que Le Monde a pu consulter, révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu'au 19 septembre 2014. A cette date-là, l'EI s'empare du site et Lafarge annonce l'arrêt de toute activité», écrit le journal.

Selon Le Monde, la société s'est efforcée d'assurer l'accès à l'usine des employés et des matières premières en recourant à des intermédiaires locaux. D'après le quotidien toujours, la direction de Lafarge à Paris était au courant de la situation.

«Lafarge passait par des intermédiaires et des négociants qui commercialisaient le pétrole raffiné par l'EI, contre le paiement d'une licence et le versement de taxes», souligne Le Monde.

Le journal fait état d'un laissez-passer estampillé du tampon de l'EI, daté du 11 septembre 2014, pour permettre la libre circulation des matériaux. Il se base aussi sur un courriel du 9 septembre 2014 concernant les approvisionnements.

Assurer la sécurité

En fin d'après-midi, LafargeHolcim, a confirmé, dans un courriel, avoir exploité une cimenterie à Jalabiyeh «entre 2010 et 2014», sans s'exprimer sur les allégations d'arrangements avec l'EI. «Lorsque le conflit s'est rapproché de la zone de l'usine, la priorité absolue a toujours été d'assurer la sécurité et la sûreté du personnel, tandis que la fermeture du site était étudiée», poursuit la firme.

A la date de la suspension des opérations de l'usine en septembre 2014, «l'ensemble des collaborateurs a été évacué, mis en congés payés et l'accès à l'usine leur a été interdit», assure le groupe.

«En décembre 2015, compte tenu de l'évolution de la situation en Syrie, il a été décidé de mettre en oeuvre un plan incluant des licenciements et, quand cela était possible, le transfert de certains collaborateurs dans d'autres unités du groupe», souligne LafargeHolcim.

Lafarge a fusionné, l'an dernier, avec son concurrent st-gallois Holcim pour donner naissance au premier cimentier mondial LafargeHolcim. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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