15.06.2020 à 19:43

AllemagneL’AfD du Brandebourg placée sous surveillance policière

Après l’aide radicale du parti d’extrême droite, c’est une fédération régionale au complet qui est jugée potentiellement dangereuse par les renseignements intérieurs.

La police estime qu’il y a, au sein de la  fédération du Brandebourg, des tendances visant à contester les règles démocratiques et les libertés fondamentales.

La police estime qu’il y a, au sein de la fédération du Brandebourg, des tendances visant à contester les règles démocratiques et les libertés fondamentales.

AFP

Pour la première fois, une fédération régionale entière du parti allemand d’extrême droite, celle du Brandebourg (est), a été placée sous surveillance policière en raison de son radicalisme, ont annoncé lundi les autorités locales. Toutes les structures de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans ce Land qui entoure la capitale Berlin, et où le mouvement était arrivé en deuxième position lors d’élections régionales en 2019 avec 23,5% des voix, deviennent «un cas suspect et un objet de surveillance» de la part du Renseignement intérieur, a indiqué le ministère local de l’Intérieur.

Ce traitement, frappé du sceau de l’infamie en Allemagne, est réservé aux groupuscules ou organisations considérés comme pouvant présenter un danger national. «Nous disposons de suffisamment d’éléments tangibles montrant que de cette fédération régionale émanent des tendances visant à contester les règles démocratiques et les libertés fondamentales» garanties par la Constitution, a argumenté devant la presse le responsable local du Renseignement intérieur, Jörg Müller.

Aile radicale déjà sous la loupe

La sanction a été critiquée comme une «erreur» par le principal dirigeant de l’AfD au plan national, Alexander Gauland. Elle vient s’ajouter à une décision similaire déjà prise par les autorités allemandes en mars et visant alors, sur le plan national, la frange la plus radicale au sein de l’AfD, appelée «L’Aile» et proche des néonazis.

L’un des représentants de cette mouvance, Andreas Kalbitz, a longtemps dirigé la fédération de l’AfD du Brandebourg, avant d’être récemment exclu du parti pour avoir dissimulé son appartenance passée à un groupuscule néonazi. Il continue toutefois d’y exercer une grande influence et conteste devant les tribunaux son exclusion, décidée sous l’impulsion de certains dirigeants du parti souhaitant conserver une image respectable.

Une percée et le plafonnement

L’AfD avait fait une irruption spectaculaire sur la scène politique nationale en septembre 2017 lors des dernières législatives, en devenant la principale force d’opposition. Mais le mouvement plafonne depuis dans les sondages et des rivalités internes ont éclaté ces derniers mois entre courants radicaux et modéré sur le cap futur de l’AfD.

Le gouvernement accuse le parti d’avoir encouragé et légitimé, par ses discours anti-migrants ou de réhabilitation du passé nazi de l’Allemagne, la recrudescence du terrorisme d’extrême droite constatée dans le pays. Mardi, le procès d’un sympathisant néonazi, auteur présumé du meurtre il y a un an d’un responsable politique pro-migrants membre du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, doit s’ouvrir à Francfort.

(AFP)

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