Diplomatie: L’affaire Navalny s’invite au Conseil de sécurité de l’ONU
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DiplomatieL’affaire Navalny s’invite au Conseil de sécurité de l’ONU

Une visioconférence sur les armes chimiques en Syrie a donné lieu à des échanges tendus entre Berlin et Moscou au sujet de l’opposant russe empoisonné et soigné en Allemagne.

Image d’archive de l’opposant russe Alexeï Navalny.

Image d’archive de l’opposant russe Alexeï Navalny.

AFP

L’affaire de l’opposant russe Alexeï Navalny, soigné en Allemagne pour un empoisonnement présumé, a été longuement évoquée jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU lors d’une visioconférence sur les armes chimiques en Syrie, laissant cependant dos à dos Berlin et Moscou.

Ces deux pays se sont mutuellement accusés de ne pas coopérer avec l’autre pour établir les faits. Berlin a été soutenu notamment par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l’Estonie pour que Moscou réponde aux suspicions allemandes.

Placé en août en réanimation dans un hôpital sibérien après avoir fait un malaise dans un avion, Alexeï Navalny, 44 ans, a été transféré en Allemagne où les médecins disent avoir trouvé les traces d’un empoisonnement à un agent innervant de type Novitchok, substance conçue à l’époque soviétique à des fins militaires.

«Aucune preuve»

«Nous sommes la partie la plus intéressée de savoir ce qui s’est passé», a lancé l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia. «Nous n’avons reçu aucune preuve de l’Allemagne qui nous permettrait de conclure que c’est un crime avec une tentative d’empoisonnement, ce qui déclencherait une enquête», a-t-il ajouté. «Comment pouvons-nous avancer si la partie allemande refuse de coopérer?», a-t-il insisté. Le diplomate russe a aussi souligné que ce sujet n’avait rien à voir avec le thème de la discussion du Conseil – publique à la demande de Moscou -, qui était la Syrie.

«Ce que nous avons entendu est encore un écran de fumée», a riposté son homologue allemand, Christoph Heusgen. «Le gouvernement allemand a informé l’ambassadeur russe à Berlin» sur cette affaire qui «n’est pas une question bilatérale» entre l’Allemagne et la Russie mais «porte sur le sujet débattu aujourd’hui, les armes chimiques et l’emploi des armes chimiques», a-t-il fait valoir. «C’est un sujet de préoccupation internationale», a insisté le diplomate allemand, en soulignant qu’il devait être traité par l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques).

L’agent neurotoxique Novitchok avait déjà été utilisé contre l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018 en Angleterre. Selon les autorités britanniques, le GRU, le renseignement militaire russe, est le principal suspect. Cette affaire avait entraîné des sanctions contre la Russie qui avait nié toute implication.

(AFP/NXP)

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