France: Lagarde: «Je n'ai pas l'intention de me taire»
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FranceLagarde: «Je n'ai pas l'intention de me taire»

La patronne du FMI est accusée d'avoir permis «par négligence» un détournement de fonds publics de 400 millions d'euros.

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La patronne du FMI, dans la salle d'audience ce lundi 12 décembre 2016 où elle est arrivée vers 14 heures, a dit n'être «en rien coupable de négligence». (Lundi 12 décembre 2016)

La patronne du FMI, dans la salle d'audience ce lundi 12 décembre 2016 où elle est arrivée vers 14 heures, a dit n'être «en rien coupable de négligence». (Lundi 12 décembre 2016)

AFP
Christine Lagarde, le 14 juillet 2016 à Washington. La directrice générale du FMI comparaît devant la Cour de Justice de la République, en France, à partir du 12 décembre 2016. Le procès doit durer jusqu'au 20 décembre. (Lundi 12 décembre 2016).

Christine Lagarde, le 14 juillet 2016 à Washington. La directrice générale du FMI comparaît devant la Cour de Justice de la République, en France, à partir du 12 décembre 2016. Le procès doit durer jusqu'au 20 décembre. (Lundi 12 décembre 2016).

AFP
La Cour de cassation valide le renvoi en procès de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui devra être jugée dans l'affaire de l'arbitrage Tapie pour le délit de négligence ayant permis un détournement de fonds publics. (22 juillet 2016).

La Cour de cassation valide le renvoi en procès de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui devra être jugée dans l'affaire de l'arbitrage Tapie pour le délit de négligence ayant permis un détournement de fonds publics. (22 juillet 2016).

Reuters

Tailleur sombre et foulard coloré, l'ex- ministre est entrée, souriante face aux nombreuses caméras, peu avant 14 heures dans l'une des plus imposantes salles du Palais de justice de Paris.

La présidente a rappelé à l'accusée qu'il lui était reproché d'avoir mis en place un «processus décisionnel unilatéral et refermé sur lui-même» autour de l'arbitrage qui a permis à l'homme d'affaires et ancien ministre de gauche Bernard Tapie de toucher plus de 400 millions d'euros en 2008.

L'ex-ministre encourt jusqu'à un an d'emprisonnement et 15'000 euros d'amende. Le procès doit se tenir jusqu'au 20 décembre. Son avocat espère obtenir un report du procès.

Juridiction hybride

La patronne de l'institution financière internationale est jugée devant la Cour de justice de la République (CJR), une juridiction hybride, mi-politique, mi-judiciaire spécialement créée pour juger les ministres et anciens ministres pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

L'ancienne ministre française de l'Economie et des Finances sous le mandat du président de droite Nicolas Sarkozy est accusée de «négligence» dans le règlement par arbitrage d'un vieux conflit entre Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais sur l'achat de l'équipementier sportif Adidas, au début des années 1990.

Pour mettre fin à ce contentieux judiciaire tentaculaire, le ministère de l'Economie avait choisi en 2007, contre l'avis d'un organe consultatif, de recourir à un arbitrage privé. Les trois juges arbitraux avaient accordé l'année suivante à Bernard Tapie plus de 404 millions d'euros, pris sur les deniers publics.

Mais cette sentence arbitrale a été annulée début 2015, la justice civile estimant qu'elle était entachée de fraude. Bernard Tapie a été condamné à rembourser les 404 millions d'euros.

La justice reproche par conséquent à Christine Lagarde d'avoir autorisé «avec légèreté» le recours à l'arbitrage privé -extrêmement favorable à Bernard Tapie- puis d'avoir renoncé en juillet 2008, un peu vite selon les enquêteurs, à engager un recours.

A sa décharge, il est relevé que le recours à l'arbitrage se préparait avant l'arrivée au gouvernement de celle qui était avocate au sein d'un prestigieux cabinet anglo-saxon, et qu'elle n'avait pas de «relations personnelles» avec les acteurs du dossier.

Avant son arrivée au gouvernement

Christine Lagarde n'est par ailleurs pas intervenue dans le choix, très controversé, des arbitres. L'arbitrage a été annulé en 2015 au civil, et, au pénal, les enquêteurs soupçonnent un «simulacre» organisé au bénéfice de l'homme d'affaires La dirigeante a indiqué qu'elle se mettrait «en congé» du FMI, où elle été reconduite haut la main l'été dernier, le temps du procès, sans se prononcer sur les conséquences d'une éventuelle condamnation.

«Elle sera relaxée et donc cette question ne se pose pas», a balayé son avocat, Patrick Maisonneuve, lundi sur la radio Europe 1. Il compte demander un sursis à statuer, se demandant comment la cour pourrait dire si «oui ou non» il y a eu «un détournement de fonds publics en quelques jours alors que les juges parisiens sont saisis de cette question et qu'ils n'ont pas tranché depuis plusieurs années».

Bernard Tapie, qui n'a pas été appelé à témoigner pendant le procès de Mme Lagarde, s'est encore défendu dans une interview dimanche d'avoir «floué le contribuable».

Depuis sa création en 1993, la CJR a condamné trois membres du gouvernement. Début décembre, dans un autre cadre judiciaire, la justice française a condamné à de la prison ferme l'ex-ministre du Budget du président socialiste François Hollande, Jérôme Cahuzac, pour fraude fiscale et blanchiment. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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