Actualisé 01.10.2012 à 07:37

Fusion EADS/BAELagardère s'estime lésé par le projet

Le groupe Lagardère, actionnaire d'EADS, s'est estimé lundi lésé par les conditions de la fusion de l'avionneur avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems et a appelé la direction du groupe à un réexamen du projet.

Après des fuites dans la presse, EADS et BAE Systems ont reconnu mi-septembre être en discussions en vue d'une fusion qui créerait le numéro 1 mondial de l'aéronautique.

Après des fuites dans la presse, EADS et BAE Systems ont reconnu mi-septembre être en discussions en vue d'une fusion qui créerait le numéro 1 mondial de l'aéronautique.

Le groupe français Lagardère, actionnaire de référence de l'avionneur européen EADS, s'estime lésé par les conditions financières de la fusion envisagée de celui-ci avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems. Il appelle la direction à réexaminer le projet.

«Lagardère estime, à ce stade, insatisfaisantes les conditions de rapprochement entre EADS et BAE», a souligné l'entreprise lundi dans un communiqué. Il invite «la direction exécutive d'EADS à engager sans attendre l'indispensable réexamen du projet de rapprochement (...), en prenant mieux en compte l'ensemble des intérêts de l'actionnariat français de contrôle d'EADS».

«Ce projet, en dépit du potentiel industriel et stratégique qui lui est prêté, n'a pas démontré à ce jour qu'il était créateur de valeur pour EADS», a fait valoir Lagardère, qui détient 7,5% du capital de l'avionneur. Lagardère et l'Etat français sont actionnaires à hauteur de 22,35% à travers la holding Sogeade.

De son côté, Daimler exerce 22,35% des droits de vote pour l'Allemagne. Le groupe allemand a confirmé, après l'annonce de la fusion, qu'il entendait toujours céder 7,5% du capital à un consortium, comprenant la banque publique allemande KfW.

Intérêts des Etats

Après des fuites dans la presse, EADS et BAE Systems ont reconnu mi-septembre envisager une fusion qui créerait le numéro un mondial de l'aéronautique, loin devant l'américain Boeing. Le projet prévoit de donner une «action spéciale» à la Grande-Bretagne, à l'Allemagne et à la France, qui leur permettrait à chacun de s'opposer à ce que quiconque achète plus de 15% du capital.

Les patrons des deux géants européens de l'aéronautique et la défense, respectivement Tom Enders et Ian King, ont souligné dimanche que les intérêts de l'Allemagne seront préservés sans que le pays ait besoin d'entrer au capital du futur numéro un mondial du secteur.

Selon la législation britannique sur les fusions et acquisitions, EADS et BAE Systems ont jusqu'au 10 octobre pour présenter un projet détaillé de rapprochement. Les gouvernements envisageraient d'étendre ce délai jugé trop court étant donné les enjeux, mais les deux groupes ne le souhaitent pas. (afp)

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