Virus - L’aide internationale afflue en Inde où les morts s’accumulent
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VirusL’aide internationale afflue en Inde où les morts s’accumulent

L’Inde a enregistré dimanche près de 400’000 nouvelles contaminations en 24 heures et a connu sa plus forte augmentation de décès pour atteindre un total de 215’000 morts.

L’Inde a ouvert samedi la vaccination à l’ensemble de sa population adulte, mais plusieurs États ont déjà prévenu être à court de vaccins. (Photo TAUSEEF MUSTAFA / AFP)

L’Inde a ouvert samedi la vaccination à l’ensemble de sa population adulte, mais plusieurs États ont déjà prévenu être à court de vaccins. (Photo TAUSEEF MUSTAFA / AFP)

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Usines à oxygène envoyées par Paris, respirateurs par Londres… L’aide internationale continue d’affluer en Inde, aux hôpitaux submergés par un record de morts, tandis que le déconfinement débute lundi en France.

En première ligne face à la pandémie avec le Brésil, l’Inde a enregistré près de 400’000 nouvelles contaminations en 24 heures. Le pays comptait aussi 3689 décès supplémentaires dimanche, soit la plus forte augmentation jamais répertoriée en une journée, portant le bilan total à plus de 215’000 morts.

L’aide médicale internationale, annoncée par plus de 40 pays, a continué à arriver. Dimanche, un avion-cargo affrété par la France a atterri à New Delhi avec 28 tonnes d’équipement médical à son bord, dont huit générateurs d’oxygène de grande capacité.

«L’Inde nous a aidés l’année dernière dans les hôpitaux français, quand les besoins en médicaments étaient énormes. Le peuple français s’en souvient», a déclaré dimanche Emmanuel Lenain, l’ambassadeur de France en Inde.

Un avion militaire américain transportant du matériel médical avait atterri vendredi à New Delhi, et un avion allemand avait suivi samedi. Le Royaume-Uni a annoncé pour sa part qu’il allait envoyer 1000 respirateurs supplémentaires dans ce vaste pays de 1,3 milliard d’habitants.

L’Inde a ouvert samedi la vaccination contre le Covid-19 à l’ensemble de sa population adulte, soit quelque 600 millions de personnes. Mais plusieurs États, dont le Maharashtra et New Delhi – parmi les plus touchés -, ont déjà prévenu être à court de vaccins.

Confinement prolongé à Delhi

Pour tenter d’alléger la pression sur les services de santé, les autorités de New Delhi ont annoncé la prolongation d’une semaine du confinement, qui devait s’achever lundi, dans la mégapole de 20 millions d’habitants. Les hôpitaux de la ville, submergés, manquent de lits, de médicaments et d’oxygène. Des malades meurent devant les établissements sans pouvoir être soignés.

Le conseiller médical de la présidence américaine, Anthony Fauci, a recommandé l’instauration immédiate d’un confinement national de plusieurs semaines en Inde, mais le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi se montre réticent. Comme de nombreux autres pays, le Nigeria a annoncé dimanche restreindre l’accès à son territoire aux voyageurs venant d’Inde, mais aussi du Brésil et de la Turquie, également très touchés par une flambée épidémique.

La sonnette d’alarme est également tirée dans d’autres pays d’Asie du Sud. C’est le cas au Népal, où «les infections ont bondi au-delà de la capacité du système de santé», a déclaré le ministère de la Santé. Ce pays a enregistré dimanche 7137 nouveaux cas, un record, et le gouvernement a imposé des mesures de confinement ou de confinement partiel dans près de la moitié des districts.

Au Sri Lanka, les infections ont atteint le chiffre record de 1699 samedi, et les autorités ont imposé de nouvelles restrictions de déplacements et d’activités dans certaines parties du pays.

Début du déconfinement en France

Au total, la pandémie de Covid-19 a fait plus de 3,19 millions de morts dans le monde depuis son apparition, sur plus de 152 millions de contaminations confirmées, selon un bilan de l’AFP dimanche. L’Amérique latine est également frappée de plein fouet, à commencer par le Brésil, où la vaccination n’a toujours pas décollé, qui a enregistré dimanche 1202 nouveaux décès.

Le pays de 212 millions d’habitants déplore au moins 407’639 morts, ce qui en fait le deuxième plus endeuillé au monde derrière les États-Unis (plus de 576’000 morts). Alors que le pape François a lancé samedi un «marathon de prières» – qui sera relayé par 30 sanctuaires à travers le monde – pour la fin de la pandémie, l’Europe et les États-Unis espèrent la laisser derrière eux d’ici l’été, grâce à l’accélération de la vaccination.

Certains pays européens assouplissent les restrictions, espérant relancer leurs économies plombées par les mesures sanitaires. Le Portugal a ainsi rouvert samedi sa frontière avec l’Espagne et entamé la dernière phase de son déconfinement entamé à la mi-mars.

La France commence à desserrer ses mesures lundi, avec la fin des restrictions de déplacement et le retour partiel des collégiens et lycéens en classe, sur fond de lente décrue des hospitalisations. Mais le corps médical appelle les Français à ne pas relâcher leur comportement, avec près de 5600 patients du Covid restant en réanimation dimanche.

La Pologne a également commencé samedi la levée progressive de ses restrictions, comme en Ukraine, où centres commerciaux, restaurants et salles de sport ont rouvert leurs portes, avant les écoles mercredi. En Russie, en revanche, 10 jours fériés ont été décrétés pour lutter contre un regain épidémique, du 1er au 10 mai.

Protestations

Les restrictions continuent à susciter des protestations, notamment en Europe et sur le continent américain. Au Canada, des dizaines de milliers de manifestants – 30’000, selon Radio-Canada – ont défilé samedi à Montréal pour dénoncer les mesures sanitaires.

En Belgique, la police est intervenue en force samedi à Bruxelles pour disperser plusieurs milliers de personnes venues «faire la fête» dans un parc malgré l’interdiction des autorités. Elle a interpellé 132 personnes, selon un bilan officiel. À Helsinki, la police finlandaise a arrêté une cinquantaine de participants à une manifestation de quelques centaines de personnes.

(AFP)

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