Genève - L’aîné qui se bat pour les bancs repart en croisade
Publié

GenèveL’aîné qui se bat pour les bancs repart en croisade

Un retraité veut s’asseoir en attendant le bus à la gare. Il a gagné deux fois, mais doit chaque fois tout recommencer.

par
Jérôme Faas
David Viry à l’arrêt du bus 8, là où ne subsistent plus que deux sièges au lieu des quatre initiaux.

David Viry à l’arrêt du bus 8, là où ne subsistent plus que deux sièges au lieu des quatre initiaux.

20 Minutes / jef

David Viry, c’est un peu Sisyphe, héros mythologique condamné à rouler une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle retombe sans cesse, l’obligeant à accomplir sa tâche à l’infini. Sauf que le rocher de ce retraité, ce sont des bancs. Voici trois ans qu’il se bat pour en obtenir à l’arrêt du bus 8 devant la gare de Cornavin.

Après deux succès consécutifs à divers courriers et articles dans «20 Minutes», le voilà contraint de remettre l’ouvrage sur le métier: il ne reste que deux sièges une place à cet endroit. «Ils sont toujours occupés. Je ne le fais pas que pour moi, mais aussi pour les autres aînés, qui souffrent debout.»

Retour en arrière: en 2018, un banc existait. Les CFF l’avaient ôté, arguant qu’il était occupé par des marginaux. David Viry avait protesté. La Ville avait installé deux bancs. En 2019, l’arrêt avait été déplacé. David Viry avait protesté. La Ville avait installé quatre sièges. En octobre 2020, deux d’entre eux ont mystérieusement disparu. David Viry a resurgi.

«J’écris à la Ville tous les deux mois, et elle ne fait rien!» Fin avril, elle lui a répondu que l’installation de bancs nécessitait l’accord des CFF, qu’un projet de refonte de la place était en cours, et que la problématique y serait intégrée. «Ce sera dans un an ou deux», peste l’octogénaire. Jeudi, la Ville a répété que rien ne pouvait être entrepris sans négocier avec les CFF mais qu’elle allait, «à la demande de ce Monsieur, se coordonner» avec eux. David Viry ne lâchera pas. «Il faut cinq sièges de plus, il y a la place pour!»

La Ville et les CFF se renvoient la balle

Près des gares, la gestion de l’espace public est tortueuse. Formellement, à 2m du bâtiment, il appartient aux CFF. D’ailleurs, la Ville précise que «d’une manière générale, les CFF ne sont pas favorables à la mise en place de bancs aux alentours des gares.» Reste que la régie publique affirme qu’à ce jour, la Municipalité «est en charge de ces bancs autour de Cornavin». Chacun se renvoie donc la balle. Les CFF ajoutent avoir placé des sièges dans le hall. «Ils ne servent à rien pour attendre le bus, on ne le voit pas arriver», déplore David Viry.

Ton opinion

94 commentaires